Réseau terroriste 764 : au moins trois enfants victimes à Montréal
Le SPVM a connaissance d'au moins trois cas d'enfants de 11 ans ciblés par le réseau 764 à Montréal. L'un d'eux a été hospitalisé après s'être mutilé.
Enfants de 11 ans ciblés par le réseau terroriste 764 à Montréal
Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a connaissance d'au moins trois cas d'enfants possiblement victimes du réseau terroriste 764, selon ce que rapporte Google News CA — Québec (FR) sur la base d'une enquête de La Presse. Dans l'un de ces dossiers, un enfant a dû être hospitalisé après s'être automutilé à la demande de son agresseur.
Les trois victimes étaient âgées d'à peine 11 ans. Elles ont été approchées sur les plateformes de jeux vidéo Roblox et Discord. Aucune plainte criminelle n'a été déposée jusqu'à présent.
« Dans l'un des cas, ça a abouti à de l'automutilation et à une hospitalisation », indique Maya Alieh, sergente-détective au SPVM. L'enquête policière n'a pas permis de confirmer formellement s'il s'agissait du réseau 764 ou d'un groupe similaire, mais le stratagème était identique : après avoir gagné la confiance des enfants, les agresseurs les ont incités à commettre des gestes de violence envers eux-mêmes.
Un Québécois de 26 ans arrêté en avril
Au Québec, Jeffrey Roussel, 26 ans, a été arrêté en avril pour avoir fait la promotion de l'idéologie 764. Selon des documents judiciaires obtenus par La Presse, il partageait des vidéos de chats torturés à mort et d'automutilation sur des réseaux sociaux cryptés. Il est accusé d'avoir participé aux activités d'un groupe terroriste et de les avoir facilitées. Ces affirmations n'ont pas encore été testées devant les tribunaux.
Roussel est apparu sur le radar de la GRC en février, après avoir annoncé sur Telegram qu'il planifiait se suicider en direct. Alors que les enquêteurs s'inquiétaient pour sa sécurité, ils ont découvert qu'il menait parallèlement des activités criminelles.
Opérant sous le pseudonyme « Brandon James », il était l'un des administrateurs du groupe « Mentalyl/984/1984 », qui présente plusieurs similitudes avec le réseau 764, selon les documents judiciaires. « Certaines publications dans le groupe présentent du contenu montrant de la bestialité, de la cruauté animale, de l'automutilation et font mention de pornographie juvénile », peut-on y lire.
Selon les mandats de perquisition, Roussel se vantait d'avoir une « Com girl » de 17 ans, dont il a publié plusieurs images de ses bras mutilés dans un groupe sur la plateforme Signal. Un autre profil consacré à Roussel diffusait des photos de jeunes filles ayant inscrit au feutre « J'appartiens à Brandon » ou « Brandon est mon dieu » sur leur peau.
Une idéologie du chaos sans visée politique
Le sergent Simon Boisjoli, de la GRC, décrit ainsi l'idéologie du réseau : « C'est la violence pour la violence, le chaos pour le chaos. C'est la volonté de détruire la société telle qu'on la connaît, mais certainement pas de la remplacer. »
Le réseau 764 se distingue des organisations terroristes traditionnelles par l'absence de toute visée politique. Ses membres perçoivent l'effondrement de la société comme une fin en soi et cherchent à corrompre la jeunesse. « Il y en a qui appellent ça le nouveau terrorisme. Le but est de scinder la société, de rendre les gens individualistes », illustre Maya Alieh.
Avec des groupes comme Maniac Murder Cult et No Lives Matter, le réseau 764 forme un écosystème en ligne surnommé « The Com ». En 2025, le Canada est devenu le premier pays à inscrire le réseau 764 sur sa liste d'entités terroristes, aux côtés d'Al-Qaïda et du groupe néofasciste Proud Boys.
Suivi international de l'affaire
Nathalie Prange, directrice éditoriale du Terrorism Research Analysis and Consortium — qui regroupe plus de 2 800 experts à travers le monde —, suit l'affaire depuis les Pays-Bas, où elle réside. Ces dernières années, elle étudie le réseau 764 en infiltrant des groupes de discussion privés sur des réseaux cryptés comme Telegram.
Elle rapporte qu'après l'arrestation de Roussel, le mot-clic #freejeffrey circulait dans certains de ces groupes.
« Je sens qu'on va voir ça de plus en plus », avertit pour sa part Maya Alieh, sergente-détective au SPVM.
Le réseau 764 opère à l'échelle internationale. Selon les informations disponibles, il pourrait avoir fait trois jeunes victimes à Montréal depuis le début de l'année.
Source: Google News CA — Québec (FR)