Six morts dans une fusillade à Stade : un Turco-Allemand ouvre le feu dans un foyer
Six travailleurs sociaux ont été tués dans un centre d'accueil à Stade, en Allemagne. Le suspect, un citoyen turc né en Allemagne, était en conflit pour la garde de sa fille.

Fusillade mortelle dans un foyer maternel à Stade : six travailleurs sociaux tués
Un homme de 45 ans, citoyen turc né en Allemagne et résidant à Hanovre, est soupçonné d'avoir ouvert le feu dans un centre d'accueil pour mères et enfants à Stade, dans le nord du pays, faisant six morts, selon ici.radio-canada.ca. Les victimes — quatre femmes et deux hommes — étaient des travailleurs sociaux chargés de la protection de l'enfance.
Le suspect avait rendez-vous ce jour-là avec plusieurs des victimes pour discuter de la garde de sa fille âgée de trois mois, qui se trouvait sur les lieux avec sa mère. Kathrin Schuol, directrice du commissariat de Lüneburg, l'a confirmé lors d'une conférence de presse, sans préciser si la mère et l'enfant résidaient dans le foyer. Toutes deux sont indemnes.
Quatre morts à l'arrivée des secours, deux autres décès ultérieurs
Les services de secours, alertés par plusieurs appels, ont découvert à leur arrivée quatre personnes abattues. Mme Schuol a décrit la scène comme étant d'une cruauté particulière. Une cinquième victime est décédée lors des tentatives de réanimation ; une sixième a succombé plus tard à ses blessures à l'hôpital. Une septième personne a été blessée, son état demeurant stable, a précisé un porte-parole de la police à l'AFP.
Fuite en voiture et interpellation musclée
Après les faits, le tireur présumé a tenté de prendre la fuite à bord d'un véhicule conduit par une femme de 65 ans entretenant un lien étroit avec sa famille. La police a ouvert le feu sur la voiture, sans atteindre les deux occupants. Tous deux ont ensuite été placés en garde à vue.
Le quotidien Bild a diffusé une vidéo amateur présentée comme celle de l'arrestation : on y voit un véhicule au pneu arrière crevé, stoppé par un important dispositif policier. Le conducteur, mis en joue, est sorti du véhicule et s'est allongé au sol avant d'être maîtrisé par les agents.
Profil du suspect : connu pour des menaces, sans permis d'arme
Selon un communiqué de la police, le suspect était connu des services pour des faits de menaces, mais n'était pas considéré comme violent. Il ne détenait pas de permis de port d'arme. La mère de l'enfant a indiqué aux enquêteurs qu'elle n'était plus en couple avec lui. Les autorités ont précisé qu'il n'existait plus aucun danger pour la population à l'issue de l'interpellation.
Un représentant de la mairie a par ailleurs souligné qu'un jardin d'enfants et une école se trouvaient dans le même quartier, mais n'avaient pas été visés.
Réactions officielles : « violence d'une cruauté extrême »
Daniela Behrens, ministre de l'Intérieur de la région, a qualifié la fusillade d'« acte de violence d'une cruauté extrême », motivé par un différend familial. Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a dénoncé sur X un « acte horrible de violence » et s'est dit « profondément choqué par l'ampleur de la violence dans un espace censé offrir une protection ».
Contexte : l'Allemagne face aux fusillades de masse
L'Allemagne a été frappée par plusieurs fusillades meurtrières ces dernières années. En mars 2023, un homme de 35 ans avait tué six membres de son ancienne communauté des Témoins de Jéhovah à Hambourg avant de se suicider. En février 2020, un extrémiste de droite avait abattu neuf personnes à Hanau.
Alexandre Rodde, chercheur spécialisé dans les tueries de masse et le terrorisme, a déclaré à l'AFP que « la majeure partie des tueries de masse — soit quatre morts ou plus — sont des violences intrafamiliales ». Il rappelle qu'en Europe, les précédentes tueries de masse remontent à 2025 : celle de Graz en Autriche et celle d'Örebro en Suède (dix morts chacune), ainsi que celle de Velestovo au Monténégro (treize morts).
Source: Google News MA — Crime (fr)