Aubervilliers rend hommage à Pengo Bossio Wangi, tué dans l'attentat raciste de Trappes

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dimanche à Aubervilliers pour honorer Pengo Bossio Wangi, 26 ans, tué vendredi dans un attentat raciste aux Yvelines. Les manifestants expriment peur et colère face à la montée du racisme.

Aubervilliers rend hommage à Pengo Bossio Wangi, tué dans l'attentat raciste de Trappes

Hommage à la victime de l'attentat de Trappes

Selon Radio France - Justice, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dimanche 25 octobre à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, pour rendre hommage à Pengo Bossio Wangi, 26 ans, tué vendredi dans un attentat raciste à Trappes, dans les Yvelines. L'hommage a été organisé par le club de MMA où l'homme s'entraînait.

Marghany, ami de Pengo depuis le club d'entraînement, a exprimé son chagrin : « C'est un collègue, c'est quelqu'un qu'on côtoyait tous les jours, qui était super jovial, une bonne onde et voilà, c'est quelqu'un de la famille qu'on a perdu. » Ses camarades de combat se sont tous présentés au rassemblement, aux côtés d'élus locaux dont l'adjointe au maire Katalyne Belair, qui n'a pu retenir ses larmes : « C'est surprenant d'être dans un pays où on nous apprend liberté, égalité, fraternité et que le racisme se banalise et tue. »

Une peur qui s'installe

Prisca, 28 ans, tenait un drapeau tricolore au-dessus de la foule. Elle a exprimé son angoisse face au climat raciste : « On n'a pas envie d'être dans une société dans laquelle on a peur parce qu'on est noir, parce qu'on a peur des fachos. » Elle a poursuivi : « Aujourd'hui j'ai peur de sortir dehors, je n'ai pas envie de faire des enfants, et ce n'est pas normal, ce n'est pas normal d'avoir peur de vivre. »

Mora, venue des Hauts-de-Seine, a exprimé son pessimisme quant à un changement : « Aujourd'hui on est là, mais après-demain ce sera quelqu'un d'autre et il n'y aura rien qui va changer. C'est quoi le prochain prénom ? Demain, ça sera peut-être moi. » Les participants ont répété que ce qui est arrivé à Pengo pourrait arriver à n'importe lequel d'entre eux.

Colère et détermination

Chez Salia, la peur a laissé place à la colère. Elle a déclaré : « On est là et on y reste, qu'ils veuillent ou pas. C'est comme ça, il faut qu'il s'habitue à vivre avec nous et à partir de là, on ne va plus se taire. On s'est fait avoir, on pensait que c'était le vivre-ensemble, c'est un mensonge encore. »

Le suspect, âgé de 39 ans, a été transféré en soins psychiatriques. Sa garde à vue a été suspendue. Une analyse toxicologique a révélé la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang au moment de l'attaque. Les partenaires d'entraînement de Pengo ont annoncé qu'ils lui dédieraient toutes leurs victoires cette année, avec la détermination de remporter les épreuves.

Source: Radio France - Justice

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