Trois policiers jugés pour la mort de Cédric Chouviat en 2020
Trois policiers comparaissent à partir de lundi au tribunal de Paris pour l'homicide involontaire du livreur Cédric Chouviat, mort en janvier 2020 après un contrôle routier devenu drame.

Procès six ans après le contrôle routier fatal
Selon TF1 Info, trois policiers doivent être jugés à partir de lundi 26 octobre au tribunal de Paris pour l'homicide involontaire de Cédric Chouviat, livreur de 42 ans décédé en janvier 2020. Le déroulement du procès reste incertain : l'ensemble des avocats, de la défense et des parties civiles, demandent son report.
En décembre 2024, trois des quatre policiers présents lors du contrôle routier parisien avaient été renvoyés en correctionnelle. Cette qualification est contestée par les avocats de la famille Chouviat, qui demandent aussi que tous les quatre fonctionnaires soient jugés. Les avocats estiment également que la durée du procès, prévue sur deux demi-journées, est insuffisante pour un dossier de cette complexité.
Les faits du 3 janvier 2020
Le 3 janvier 2020, Cédric Chouviat circule en scooter téléphone à la main dans le 7e arrondissement de Paris lorsqu'il est contrôlé par quatre policiers. La situation dégénère rapidement. L'homme est arrêté « pour outrage » et plaqué au sol sur le ventre, casque sur la tête.
Sur des vidéos, dont celle qu'il a lui-même filmée, Cédric Chouviat répète « j'étouffe » à neuf reprises pendant 13 secondes sans être entendu. Il subit ensuite un malaise et décède deux jours plus tard à l'hôpital européen Georges-Pompidou, où il avait été transporté en urgence vitale.
Le rôle de la clé d'étranglement
L'un des principaux mis en cause, alors âgé de 33 ans, a amené la victime au sol en utilisant une clé d'étranglement, technique depuis interdite. Selon l'ordonnance consultée par l'AFP, son souvenir de l'interpellation reste « flou ». Il affirme avoir passé son avant-bras sous le casque en faisant « attention à ne pas exercer une pression trop forte ». Il ajoute que le malaise constaté par ses collègues l'a plongé dans un état de « sidération ».
Tous les policiers impliqués nient avoir entendu les supplications de Cédric Chouviat. Me Pauline Ragot, avocate de deux des policiers, soutient qu'ils « ont agi dans le cadre d'une interpellation difficile sur un axe de grande circulation » et que cette interpellation était « légitime ». Selon elle, « à aucun moment, ils n'ont pu percevoir sa détresse physique ».
Désaccords sur la qualification juridique
La Défenseure des droits, dans une décision rendue publique en avril 2026, a estimé que les policiers avaient eu un « comportement non adapté, négligent et imprudent » et recouru à « un usage disproportionné de la force ». Les avocats de la famille Chouviat vont contester la qualification d'« homicide involontaire » retenue par le juge d'instruction et soulever l'incompétence du tribunal dès l'ouverture de l'audience.
Me Arié Alimi, l'un des trois avocats de la famille, estime lors d'une conférence de presse que qualifier les faits d'homicide involontaire relève d'une « hérésie juridique ». Il souligne : « Étrangler debout, étrangler au sol, l'entendre dire je m'étouffe, continuer à l'étouffer et à l'écraser... C'est quelque chose qui n'est pas volontaire ? »
De son côté, Me Laurent-Franck Liénard, avocat d'un des principaux mis en cause, dénonce les tentatives de « monopoliser le débat judiciaire en muselant la défense des policiers ». Il compte demander le renvoi de l'audience.
La douleur de la famille
Le père de Cédric Chouviat, Christian Chouviat, exprime sa colère envers les quatre policiers : « J'ai une colère envers eux, elle n'engage que moi et elle ne s'arrêtera jamais, je mourrai avec. » Sa fille Sofia Chouviat note que les violences policières se sont reproduites « encore et encore » depuis ce drame. Elle espère faire de cette affaire un « symbole de réconciliation ».
Source: TF1 Info