Marseille : condamnation pour apologie du terrorisme après des propos sur TikTok

Un homme de 45 ans a été condamné à seize mois de prison pour avoir tenu des propos terroristes sur TikTok, deux jours après l'attentat raciste de Trappes. Il glorifiait l'auteur des faits et évoquait vouloir « massacrer » des musulmans.

Marseille : condamnation pour apologie du terrorisme après des propos sur TikTok

Condamnation pour apologie du terrorisme à Marseille

Un homme de 45 ans a été condamné mercredi à Marseille à seize mois de prison, dont huit avec sursis, pour apologie du terrorisme. Selon laprovence.com, le prévenu purgera sa peine ferme sous bracelet électronique après avoir été jugé en comparution immédiate.

Les faits remontent au 26 octobre, deux jours après l'attentat raciste de Trappes qui a tué une personne et blessé plusieurs autres. Fabrice B. avait diffusé un live sur TikTok où il déclarait : « Je suis RN, j'ai la haine, je vais devenir le nouveau Kévin », référence à l'auteur de l'attaque dans les Yvelines. Dans le même live, il annonçait vouloir « massacrer » des musulmans et glorifiait l'acte terroriste.

Le contenu a été signalé à la plateforme Pharos, qui centralise les déclarations de contenus illicites en ligne. Cette alerte a permis aux enquêteurs de remonter jusqu'à Fabrice B. et de l'identifier.

À la barre, le prévenu a exprimé des regrets, affirmant « énormément regretter d'avoir dit des choses aussi ignobles ». Il a expliqué que son « cerveau a bloqué » cette nuit-là et que la situation du pays l'avait énervé. Il a souligné qu'il n'avait jamais frappé personne et espérait que personne n'avait écouté ses paroles pour ne pas être incité à « faire une bêtise ».

Fabrice B. est suivi en psychiatrie depuis 2020, mais a arrêté son traitement il y a deux mois. Vivant isolé d'une allocation adulte handicapé et ayant occupé des emplois précaires comme disc-jockey ou agent de sécurité au port de Marseille, il ne possédait aucun antécédent judiciaire et était inconnu des services de police et de renseignements.

Le président Thierry Bonifay a noté que les auteurs de tels messages se sentent souvent protégés par l'anonymat d'internet : « On se lâche car on est derrière un ordinateur, on a l'impression d'être caché, anonyme. »

La procureure Mathilde Fontaine a souligné dans ses réquisitions que « le climat ambiant compliqué ne justifie en rien de tels agissements », déplorant « la banalisation d'un discours qui amène à un passage à l'acte tôt ou tard ».

Son avocate, Me Allison Mallia, a demandé au tribunal de tenir compte de la personnalité fragile de Fabrice B., notamment en raison de son exclusion familiale consécutive à son orientation sexuelle.

Source: Le Monde - Justice

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