Réseaux sociaux et violences du 17 octobre: la responsabilité des plateformes en question
Les manifestations et pillages du 17 octobre ont été amplifiés par les réseaux sociaux. TF1 Info examine le rôle des plateformes et les mesures d'urgence que l'État peut prendre face aux appels à la violence.

Comment les réseaux sociaux ont amplifié les violences
Selon TF1 Info, des appels à la violence et des pillages se comptent par centaines sur les réseaux sociaux. Des utilisateurs se sont filmés en direct sur Twitch, Snapchat et TikTok pendant les événements du 17 octobre, diffusant leurs actes en temps réel. Une vidéo montrant un homme entouré d'articles volés dans une bijouterie a collecté à elle seule 54 000 vues. "La famille, on est de 10 000 au passage, abonnez-vous, abonnez-vous", criait-il pour accroître son audience. Ces contenus viraux attirent d'autres pilleurs connectés aux mêmes plateformes, qui utilisent également ces canaux pour revendre les articles volés.
Les appels à la violence circulent librement malgré les obligations légales. Les plateformes ont théoriquement l'obligation de supprimer ces contenus dès qu'ils sont signalés. Pourtant, des appels directs à participer aux émeutes se propagent sans obstacle: "Tu me ramènes 2-3 soldats, chefs d'émeutes, je veux des gens qui n'ont pas peur, qui ont déjà fait des gardes à vue", figure parmi les messages diffusés massivement.
Peut-on fermer l'accès aux réseaux sociaux en cas de crise ?
L'État dispose d'une possibilité exceptionnelle. En 2024, lors des émeutes en Nouvelle-Calédonie, TikTok a été suspendu pendant 15 jours, le réseau social chinois étant soupçonné d'être utilisé par les émeutiers. Maître Etienne Papin, avocat spécialiste du droit numérique, explique que face à une atteinte exceptionnelle à l'ordre public, l'État peut prendre des mesures extraordinaires qui ne sont pas prévues par la loi.
Cependant, cette interruption a ensuite été jugée illégale. La suspension aurait dû être strictement limitée dans le temps, et aucune autre solution moins restrictive pour les libertés ne devait être disponible. Les cadres juridiques actuels rendent difficile une telle action préventive ou prolongée, tant sur le plan technique que légal.
Les vidéos comme preuves pour les enquêteurs
La police mobilise les images postées en ligne pour identifier les auteurs. Maurine Bajac, journaliste police-justice pour TF1/LCI, précise que l'objectif est de "décortiquer une image, une silhouette, un tatouage, un visage, tout ce qui va permettre d'identifier une personne déjà connue par les services". La préfecture de police a ouvert une plateforme pour recueillir ces vidéos.
Relayer un appel à la violence ou à des destructions expose à des poursuites pénales: jusqu'à 3 ans de prison et 75 000 euros d'amende. Les autorités exploitent ainsi la trace numérique laissée par les utilisateurs qui ont documenté et partagé leur participation aux violences.
Source: TF1 Info