Féminicide à Montréal : Mustapha Mechken plaide coupable du meurtre de son épouse enceinte
Mustapha Mechken a reconnu avoir tué sa femme Narjes Ben Yedder, enceinte de 10 semaines, en lui portant 49 coups de couteau. Une peine à perpétuité sans libération avant 22 ans est recommandée.

Plaidoyer de culpabilité dans le meurtre de Narjes Ben Yedder à Pointe-aux-Trembles
Selon ici.radio-canada.ca, Mustapha Mechken a plaidé coupable mardi au palais de justice de Montréal pour le meurtre de son épouse, Narjes Ben Yedder, 32 ans, tuée dans leur appartement du secteur Pointe-aux-Trembles le 26 janvier 2024. La victime était enceinte de 10 semaines au moment des faits.
L'exposé conjoint des faits décrit un acte d'une violence extrême. Alors que sa femme dormait dans leur lit, Mechken s'est rendu à la cuisine pour y prendre deux couteaux d'une trentaine de centimètres, puis l'a poignardée à 49 reprises, dont 32 coups concentrés sur l'abdomen. Il s'est ensuite changé et a appelé le 911 d'une voix calme.
Le juge Marc-André Blanchard a dit partager « l'effroi » des proches de la victime en entendant les circonstances de la cause. Des membres de la famille de Narjes Ben Yedder, présents dans la salle d'audience, se sont dits « très soulagés » à l'issue de la séance.
Des recherches en ligne révélatrices
Dans les jours précédant le meurtre, Mechken avait évoqué ne pas se sentir prêt à avoir un enfant, regretter l'achat d'un condo pour lequel le couple venait de signer une offre acceptée, et vouloir rentrer en Tunisie. Il avait effectué des recherches sur les troubles du sommeil, l'épuisement professionnel et la dépression, mais aussi sur l'allocation du conjoint survivant et les règles d'héritage au Canada.
Dix-sept minutes avant d'appeler le 911, il a cherché sur Internet la durée d'une peine de prison pour meurtre. La veille du crime, Narjes Ben Yedder avait pour la première fois depuis le début de sa grossesse consulté des informations sur une clinique d'avortement.
Peine à perpétuité recommandée
Le Directeur des poursuites criminelles et pénales recommandera au tribunal une peine d'emprisonnement à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 22 ans — le plafond légal étant fixé à 25 ans pour un meurtre au deuxième degré. Me Pierre-Olivier Bolduc, procureur aux poursuites criminelles et pénales, a qualifié cette recommandation de peine « dans le très haut de l'échelle », précisant que « l'extrême violence des gestes constitue un facteur aggravant ».
Le dossier reviendra devant le tribunal mardi prochain. Des membres de la famille de la victime, venus de Tunisie, ont indiqué vouloir s'exprimer devant le tribunal lors de cette audience.
Source: Google News MA — Crime (fr)