Attentat de Trappes : le suspect en garde à vue, un « périple meurtrier » de 12 km
Kévin T., 39 ans, a tiré 128 balles dans huit lieux différents le 23 octobre. Un mort et cinq blessés ; le suspect conteste le motif raciste.

Suspect en garde à vue pour attentat raciste
Selon ledauphine.com, la garde à vue de Kévin T., 39 ans, suspect de l'attentat raciste de Trappes et La Verrière (Yvelines), a repris lundi à 14 h 56 au tribunal judiciaire de Paris. Le procureur de la République antiterroriste, Olivier Christen, a détaillé un « périple meurtrier préparé » de 12 kilomètres au cours duquel le suspect a tiré 128 balles. Transféré dans une unité spécialisée en raison de propos incohérents et de comportements anormaux signalés par ses proches, l'homme a été à nouveau examiné par un psychiatre qui a estimé que les auditions pouvaient reprendre.
Les faits de l'attaque
Le 23 octobre vers 10 heures, Kévin T. a ouvert le feu dans huit lieux différents. Pengo Bossio Wangi, 26 ans, a été tué et cinq personnes ont été blessées. Trois des blessés restaient hospitalisés ; le pronostic vital d'une victime demeurait engagé, tandis que celui d'une adolescente de 11 ou 12 ans n'était plus en danger depuis dimanche. Les enquêteurs ont dénombré 128 munitions tirées lors de cette action préparée.
Interpellé sans résistance par la Brigade anticriminalité de Saint-Quentin-en-Yvelines, le suspect avait du cannabis et de la cocaïne dans le sang. Les policiers ont retrouvé dans son véhicule un pistolet-mitrailleur Sten, un couteau, une bombe lacrymogène et un brassard de police. Un piège découvert à son domicile était fonctionnel.
Enquête et position du suspect
L'enquête est ouverte pour « assassinat et tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste », avec la circonstance aggravante de racisme au vu du profil de la majorité des victimes et des déclarations du suspect. Kévin T. reconnaît « la matérialité des faits » mais « conteste le caractère raciste de ses crimes », a déclaré le procureur antiterroriste. Selon une source proche du dossier, cet ouvrier dans l'automobile, célibataire, s'est radicalisé à l'extrême droite ces dix dernières années en « mettant tout sur le dos des Arabes et des Noirs ».
La garde à vue peut durer jusqu'à jeudi 0 h 36. Sa suspension antérieure avait été vivement critiquée par Me Yassine Bouzrou, avocat de la famille de la victime, qui dénonçait une « récurrence préoccupante » à privilégier la psychiatrie dans les attentats d'extrême droite — une accusation que l'ancien procureur antiterroriste Jean-François Ricard a jugée totalement inexacte.
Mobilisations politiques
Plusieurs rassemblements se sont tenus lundi en soutien aux victimes. À La Courneuve (Seine-Saint-Denis), devant quelques centaines de personnes réunies contre le racisme et l'islamophobie, Jean-Luc Mélenchon a exprimé sa « rage » et sa « honte de voir notre pays abaissé par ce crime ». Le maire insoumis de la ville, Aly Diouara, a pointé la « responsabilité immense » de ceux disposant des plus grandes tribunes du pays, nommant explicitement l'extrême droite.
À Paris, place Stalingrad, les socialistes Olivier Faure, Boris Vallaud et Jérôme Guedj étaient présents, tout comme Raphaël Glucksmann. Le candidat social-démocrate a annoncé sur RTL qu'il se rendrait vendredi à Trappes pour un nouveau rassemblement, où il espère retrouver « des centaines de milliers de citoyens » attachés à une République « où on ne risque pas sa peau parce qu'on est noir ou parce qu'on est arabe ».
Le procureur a demandé qu'aucune image de l'attaque ne soit diffusée, les vidéos circulant depuis dimanche sur les réseaux sociaux. Leur partage est passible de 15 000 euros d'amende.
Source: Google News FR — Crime (fr)