Attentat raciste de Trappes : le suspect admet avoir ciblé des musulmans et Africains

Kévin T., 39 ans, a reconnu avoir spécifiquement visé des personnes musulmanes ou d'origine africaine lors de l'attaque à Trappes, qui a fait un mort et sept blessés.

Le suspect de Trappes présente devant un juge après avoir reconnu ses cibles

Kévin T., 39 ans, suspect de l'attentat raciste perpétré à Trappes et à La Verrière vendredi dernier, a admis avoir "spécifiquement ciblé des personnes de type musulman, africain ou nord-africain", a déclaré jeudi 29 octobre le procureur national antiterroriste, Olivier Christen. Selon 7sur7 Faits Divers, le parquet a requis sa détention provisoire et le suspect a été présenté à un juge dans la journée.

L'assaillant a également justifié le choix du lieu : il aurait déclaré que "Trappes est un repère d'islamistes". Il n'exprime aucun regret pour ses actes.

Un mort, sept blessés dont quatre grièvement

Vendredi matin, à bord de son véhicule, Kévin T. a abattu Pengo Bossio Wangi, un Français noir de 26 ans, et blessé sept autres personnes, dont plusieurs d'origine africaine ou maghrébine, dans les deux communes de la banlieue parisienne. Parmi les blessés figure une enfant de onze ans, dont le pronostic vital n'est désormais plus engagé. Quatre victimes ont été atteintes grièvement ; trois autres plus légèrement.

"Trois d'entre elles sont encore hospitalisées à l'heure où je vous parle et le pronostic vital de l'une d'entre elles demeure engagé", a précisé Olivier Christen, soulignant la "très grande préparation" de l'attaque.

Dénégation partielle du caractère raciste

Lundi, le procureur avait indiqué que Kévin T. "ne conteste pas la matérialité des faits" mais dément "le caractère raciste de ses crimes". L'enquête a été ouverte pour "assassinat" et "tentatives d'assassinats" en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis en raison de l'appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée.

Cannabis, cocaïne et antécédents judiciaires

Les analyses toxicologiques ont révélé "la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang" au moment de l'attaque, selon le Pnat. Son casier judiciaire comporte quatre condamnations antérieures, la dernière remontant à 2012. Il était inconnu des services de renseignement.

D'après une source proche de l'enquête, Kévin T. avait été diagnostiqué schizophrène et suivait un traitement médical. Son examen psychiatrique réalisé samedi soir avait conduit à l'interruption de sa garde à vue ; celle-ci a repris lundi après-midi. Un nouvel examen mené ce même lundi a établi qu'il "ne présentait pas de symptômes de décompensation aiguë, ni de signes directs ou indirects en faveur d'une activité hallucinatoire ou délirante", selon Olivier Christen.

Un appartement piégé à Plaisir

Avant de mener son attaque, le suspect avait piégé son appartement situé à Plaisir, dans les Yvelines, avec des bouteilles de gaz et des fils électriques connectés à un minuteur. "Le dispositif fonctionnel était de nature à détruire l'appartement et à endommager les appartements adjacents", avait expliqué Olivier Christen lundi. Kévin T. a été transféré au tribunal peu après minuit, sitôt sa garde à vue achevée.

Onde de choc politique en France

L'attentat a provoqué une vive émotion à travers le pays. Interrogé mercredi sur la chaîne YouTube HugoDécrypte au sujet des responsables d'un climat pouvant avoir favorisé cet acte, le président de la République, Emmanuel Macron, a évoqué "un racisme d'atmosphère" et estimé qu'il y avait "des mouvements politiques qui ont laissé s'installer cela à l'extrême droite", citant le RN et "ceux qui leur sont proches".

Source: 7sur7 Faits Divers

Read this article in English