Casseurs attaquent des syndicalistes lors de la manifestation à Rennes, cinq blessés
Des émeutiers cagoulés ont frappé une vingtaine de syndicalistes en marge du défilé du 5 novembre à Rennes, faisant au moins cinq blessés dans les rangs syndicaux.
Des syndicalistes pris à partie par des casseurs en plein cortège rennais
Au moins cinq syndicalistes ont été blessés jeudi à Rennes après avoir été attaqués par une cinquantaine d'émeutiers en marge de la manifestation interprofessionnelle, rapporte letelegramme.fr.
Le cortège comptait entre 21 000 participants selon la préfecture et 35 000 selon l'intersyndicale, et s'étirait sur plusieurs kilomètres dans le centre-ville lorsque la situation a dégénéré. Vers 15 h, aux abords de la gare, plusieurs centaines d'individus vêtus de noir et cagoulés ont forcé le passage pour prendre la tête du défilé. L'hôtel Saint Antoine a été pris pour cible : les baies vitrées ont volé en éclats sous les projectiles avant que l'établissement ne soit saccagé. Les gendarmes mobiles, postés en retrait, ont chargé pour fixer le groupe.
Manœuvre d'encerclement et scission du cortège
La préfecture a alors lancé une manœuvre d'encerclement par les rues adjacentes, avec pour objectif de « contourner par la rue Aubry pour les coincer et interpeller massivement ». Plusieurs dizaines de casseurs ont été directement interpellés.
Coupée en deux, la manifestation syndicale a été invitée à bifurquer par cette même rue Aubry pour rejoindre le boulevard Magenta. Au même instant, une cinquantaine de manifestants radicaux a reflué précipitamment pour éviter la nasse policière.
Planches, pavés, coups de poing : les syndicalistes frappés
Pris en étau, les émeutiers se sont retournés contre les premiers rangs du cortège syndical, leur reprochant de suivre les consignes de la préfecture liées au changement de parcours. Des planches arrachées à des palissades de chantier ont été brandies comme des béliers, des pavés lancés, des coups de poing et de pied assénés : la vingtaine de syndicalistes présents a été frappée et agressée.
Les échanges entre un jeune manifestant masqué et des militants syndicaux sont restés très tendus. « À quoi vous servez, les syndicats, si vous ne faites pas preuve de solidarité avec nous ? », a lancé le jeune. Un syndicaliste lui a répondu : « On a des camarades blessés à cause de tes potes, alors maintenant, tu dégages. »
« C'est insupportable de se faire attaquer comme ça »
« On a littéralement été attaqués », a dénoncé Fabrice Lerestif, secrétaire général de Force Ouvrière en Ille-et-Vilaine. Mathieu Cocq, secrétaire de la CGT, a qualifié la situation d'inacceptable : « C'est insupportable de se faire attaquer comme ça. Il y a des gens qui détestent les syndicats dans ce pays. Mais c'est un détail. La participation est énorme aujourd'hui, c'est le plus important. »
Du côté de la préfecture, les autorités ont précisé que « la scène a été d'une violence extrême » et que les syndicalistes « ont été attaqués gratuitement car ils ont décidé de poursuivre la manifestation par la rue Aubry », sans chercher à s'opposer au cordon de gendarmes mobiles.
Cinq blessés dans les rangs syndicaux
Le bilan provisoire fait état d'au moins cinq blessés pris en charge par les secours. Parmi eux figurent la secrétaire générale adjointe de FO, contusionnée, ainsi qu'un militant atteint à l'arrière du crâne par un pavé.
Source: Google News LU FR