Essonne : 28 ans de prison pour meurtre conjugal, thèse de l'accident rejetée
Un boucher de 50 ans a été condamné jeudi pour avoir tué sa compagne en 2023 à Grigny et dissimulé son corps dans un congélateur. Son complice a reçu trois ans avec sursis.

Cour d'assises de l'Essonne : 28 ans de réclusion pour un meurtre conjugal
Yacine A., 50 ans, a été reconnu coupable jeudi de meurtre aggravé par le lien conjugal et condamné à 28 ans de réclusion criminelle. Selon lefigaro.fr, il avait tué sa compagne en 2023 à Grigny, puis placé son corps dans le congélateur de son domicile, enveloppé dans des couvertures.
L'accusé a maintenu jusqu'au verdict que l'arme s'était déchargée accidentellement lors d'une querelle. Il a affirmé à plusieurs reprises être responsable d'un tir, mais pas du second. La cour d'assises n'a pas retenu cette défense. Reconnu coupable de deux tirs à bout touchant, le boucher purgera au minimum 15 années supplémentaires — la peine inclut une sûreté des deux tiers.
Rachid A., sexagénaire, a été condamné à trois ans d'emprisonnement dont 21 mois avec sursis pour avoir aidé à dissimuler le crime. Le tribunal a estimé que ses troubles psychiques avaient altéré son discernement et a ordonné un suivi médical. Il portera un bracelet électronique et bénéficiera d'un aménagement de peine.
L'avocate générale avait demandé 30 ans contre le principal accusé, soulignant le « sang-froid » avec lequel les deux hommes avaient agi. Elle a décrit un mécanisme classique de violences conjugales marqué par l'alcool, les drogues et des menaces suicidaires. « Ce n'est pas aimer que de faire du chantage au suicide et de tirer sur sa compagne », avait-elle déclaré à l'audience.
Mercredi, le fils aîné de la victime a témoigné, regrettant les versions changeantes et incohérentes des accusés. Il a confié aux magistrats : « Ceux qui sont condamnés à perpétuité, c'est nous en fait, ma mère je la reverrai jamais. » Des proches portaient des t-shirts blancs frappés du portrait de la victime.
L'avocate de la famille, Me Solène Debarre, a indiqué à l'AFP que les parties civiles étaient satisfaites du verdict. « La justice a été faite et c'est ce qu'ils réclamaient », a-t-elle dit.
Le fils de Yacine A. doit être jugé par le tribunal des enfants pour modification de l'état des lieux aux fins d'obstacle à la manifestation de la vérité.
Selon les données du ministère de l'Intérieur, 111 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2025 en France, soit une hausse de 4 % sur un an.
Source: Google News FR — Crime (fr)