Mort en garde à vue à Saint-Ouen : enquête ouverte
Un homme de 44 ans, arrêté lundi soir, est décédé mardi au commissariat de Saint-Ouen. L'IGPN enquête tandis que la famille dénonce des violences graves.

Décès dans un commissariat en Seine-Saint-Denis
Mauricio K., 44 ans, est mort mardi au commissariat de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) moins de 24 heures après son interpellation. Selon Le Nouvel Obs, une enquête a été ouverte par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) le 28 octobre, confiée à un juge d'instruction par le parquet de Bobigny. L'homme, ressortissant angolais résidant en France depuis l'enfance et travaillant comme peintre, avait été arrêté lundi 26 octobre par la police municipale pour outrage sexiste, outrage et menace envers une personne dépositaire de l'autorité.
Au moment de son interpellation, Mauricio K. présentait une alcoolémie de 1,37 mg par litre d'air expiré. Son placement en garde à vue a été différé, et il a été conduit à l'hôpital où un médecin a jugé son état compatible avec une garde à vue. Durant la nuit, un médecin de l'Unité médico-judiciaire a confirmé cette évaluation. Le décès est survenu mardi vers 15 heures en arrêt cardiorespiratoire. Des policiers ont prodigué les premiers secours, mais l'homme n'a pu être ranimé par les sapeurs-pompiers.
L'autopsie réalisée mercredi n'a mis en évidence aucune lésion traumatique pouvant expliquer le décès. Le parquet a précisé que la victime présentait des antécédents cardiaques et que des expertises complémentaires — anatomopathologiques et toxicologiques — sont nécessaires pour déterminer la cause exacte du décès.
L'avocat de la famille, Yassine Bouzrou, a déposé plainte le 28 octobre pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner commises par une personne dépositaire de l'autorité publique ». Selon les termes de la plainte, « des violences graves ont été commises lors de l'interpellation et potentiellement au sein du commissariat de police ». L'avocat soutient que Mauricio K. « n'était pas atteint d'une maladie grave pouvant expliquer ce décès soudain » et qu'il est « permis de penser que des faits de violences pourraient être la cause de sa mort ».
Le maire socialiste de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, a exprimé sa « profonde émotion après le décès » et appelé à ce que « toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce drame ». Les policiers ayant intervenu seront entendus dans le cadre de l'enquête de l'IGPN, procédure décrite comme « classique » en cas de décès en garde à vue.
Source: Le Nouvel Obs