Perpignan 1998 : rescapée du tueur de la gare, Meryl témoigne

Meryl Foulonneau a échappé de justesse à Jacques Rançon en 1998. Son témoignage au procès révèle comment le prédateur l'a traquée sur 30 kilomètres avant de la percuter.

Perpignan 1998 : rescapée du tueur de la gare, Meryl témoigne

Le récit de la chasse nocturne

Selon lenouveaudetective.com, Meryl Foulonneau a témoigné lundi au tribunal devant les juges. Elle est l'une des trois survivantes du tueur en série Jacques Rançon. Son récit expose les méthodes de traque du criminel — loin de l'image de « pauvre bougre à l'enfance dévastée » qu'il a présentée durant la première semaine du procès.

En 1998, Meryl, 23 ans, sortait de son service au McDonald's de Perpignan vers 2 h 30 du matin. Elle raccompagnait deux collègues en voiture quand elle remarqua un véhicule la suivant. Elle accéléra. Le conducteur resta collé à sa trajectoire.

« Au niveau de Pollestres, il m'a fait des appels de phare. Arrivée à un rond-point, j'ai ralenti pour voir son visage : je ne le connaissais pas », confie-t-elle à la cour. Sur trente kilomètres, le mystérieux conducteur l'a poursuivie. Sur la route de Montesquieu, il a provoqué l'accident en la percutant.

L'intervention qui l'a sauvée

Rançon sortit de son véhicule, couteau à la main. Il tenta d'ouvrir chaque portière de sa voiture tandis qu'il prétendait voir des problèmes sous son pare-chocs. Meryl refusa de descendre et composa le numéro de son père sur son téléphone portable — un geste qui lui sauvera la vie.

« Je tremblais de tout mon corps. Je me concentrais sur une seule chose : mémoriser sa plaque », raconte-t-elle. Son père arriva armé d'une batte de base-ball et mit Rançon en fuite. L'agresseur fut rapidement interpellé et écopa d'un an de prison en comparution immédiate.

Une culpabilité révélée seize ans plus tard

À l'époque, la justice ignorait qu'elle tenait le tueur de la gare de Perpignan. Neuf mois avant cette nuit de 1998, Rançon avait violé, tué et mutilé Mokhtaria Chaïb. Trois mois avant d'agresser Meryl, il avait violé et tué Marie-Hélène Gonzales.

Il fallut attendre 2014 pour que son ADN le trahisse. « Je l'ai reconnu immédiatement, ça a été un coup de poing dans le ventre, raconte Meryl à la barre. Avec le recul, je n'arrive même pas à imaginer à quel point j'ai eu de la chance. » Aujourd'hui encore, la terreur de cette nuit persiste. « La nuit j'ai peur de conduire. Dès qu'il y a un appel de phare, j'angoisse », confie-t-elle au cinquième jour du procès.

Source: TF1 Info

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