Photographe grièvement blessé par une grenade à Paris, l'IGPN saisie
Un photographe de 25 ans a été gravement blessé par une grenade policière lors de la manifestation du 17 octobre à Paris. Le parquet a ouvert une enquête tandis que son avocat conteste la qualification retenue.

Une grenade touche l'artère fémorale
Un photographe de 25 ans, Ahmed, a été gravement blessé par un tir de grenade place de la République lors de la manifestation du 17 octobre à Paris. Selon Actu17, le projectile a atteint l'artère fémorale du jeune homme. Il a perdu plus d'un litre de sang avant que des manifestants ne le portent jusqu'à une ambulance. Opéré en urgence pendant plus de trois heures, il a été « sauvé in extremis ». Au moment du dépôt de plainte, il se trouvait en soins intensifs.
L'enquête confiée à l'IGPN
Le parquet de Paris a annoncé samedi avoir ouvert une enquête pour « violence par une personne dépositaire de l'autorité publique, suivie de mutilation ou infirmité permanente, lors de manifestation sur la voie publique ». Les investigations ont été confiées à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). L'enquête s'ouvre en parallèle d'une plainte avec constitution de partie civile, afin d'éviter toute déperdition des preuves, a précisé le ministère public.
Désaccord sur la qualification
L'avocat de la victime, Me Arié Alimi, a déposé plainte jeudi pour « tentative d'homicide volontaire ». Le texte vise également des « violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente, commises en réunion, par personne dépositaire de l'autorité publique, avec usage d'une arme ». Le conseil a contesté le choix du parquet. « Il a failli mourir. Les policiers ne l'ont pas secouru en le laissant se vider de son sang sur le trottoir », a affirmé Me Alimi. Il a reproché au parquet de Paris d'avoir « dans un premier temps refusé toute communication et rejeté l'ouverture d'une enquête préliminaire ». Selon lui, la qualification retenue « a pour seule vocation de protéger le préfet de Paris et le ministre de l'Intérieur ».
Contexte plus large
Vendredi, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a indiqué que huit enquêtes avaient déjà été ouvertes par l'IGPN pour des faits survenus les 17 et 18 octobre. L'issue du traitement médical du photographe demeure incertaine : les médecins ne peuvent à ce stade affirmer s'il conservera l'usage de sa jambe.
Source: Actu17