Violences d'ultradroite le 24 octobre : Nuñez nie toute protection policière

Des affrontements entre groupes d'extrême droite et d'extrême gauche ont éclaté dans plusieurs villes françaises. Le préfet de police dément avoir protégé des militants nationalistes.

Violences d'ultradroite le 24 octobre : Nuñez nie toute protection policière

Nuñez dément toute complicité policière après les violences du 24 octobre

Selon huffingtonpost.fr, Laurent Nuñez a catégoriquement rejeté lundi 26 octobre les accusations portées contre lui sur RMC/BFMTV. « On ne protège personne », a-t-il affirmé, après que plusieurs élus de gauche eurent mis en cause son rôle dans les incidents du week-end.

Des groupes de militants d'ultradroite ont semé le trouble en marge de rassemblements le 24 octobre dans plusieurs villes de France, notamment à Nice, Montpellier et Nancy. Nuñez a indiqué que ces groupes sont venus « principalement pour s'en prendre à la mouvance ultragauche, comme ils le font habituellement ». Policiers et gendarmes « sont intervenus à de nombreuses reprises pour disperser, empêcher les affrontements entre l'ultragauche et l'ultradroite », a-t-il précisé.

Le ministre a voulu trancher net : « À aucun moment, évidemment, la police ne les a protégés. À aucun moment, ils n'ont travaillé en concertation avec des policiers et des gendarmes. » Il s'est ensuite agacé : « Non, on ne protège personne, certainement pas. »

LFI et les Écologistes maintiennent leurs accusations

Les députés La France Insoumise Manuel Bompard et Thomas Portes ont accusé les autorités d'avoir laissé « les fascistes (...) se balader en ville armés de couteaux et de barres de fer pour agresser des passants » à Nice et d'avoir « protégé les milices d'extrême droite ce week-end ».

La présidente du groupe LFI à l'Assemblée, Mathilde Panot, est allée plus loin, qualifiant Nuñez de « menteur » en légende d'une vidéo tournée à Nancy par Mediapart. On y voit des hommes habillés en noir, le visage caché, jeter des projectiles vers un autre groupe. Des policiers, jusqu'alors postés plus haut dans la rue, s'avancent, passent devant ce groupe et semblent se diriger vers ceux qui ont reçu les projectiles.

Du côté des Écologistes, Marine Tondelier, secrétaire nationale du parti et candidate à la présidentielle, a dénoncé dans Télématin « une impunité envers les mouvements d'extrême droite ». Elle s'est dite « extrêmement choquée par ce deux poids, deux mesures par rapport à la répression » du mouvement lycéen.

Une centaine de militants masqués à Nice, onze gardes à vue

À Nice, selon la préfecture des Alpes-Maritimes, une centaine de « militants d'ultradroite masqués » ont convergé vers le centre-ville dans le but d'« affronter physiquement les manifestants ». Onze personnes ont été placées en garde à vue à l'issue des incidents.

À Rouen, une enquête pour violences aggravées a été ouverte après la diffusion par le média Blast d'une vidéo montrant des militants nationalistes frapper un homme au sol, au lendemain de la manifestation du 24 octobre. Le procureur de la République de Rouen, Sébastien Gallois, a confirmé dans un communiqué que « des affrontements ont opposé des individus issus de mouvances d'ultradroite et d'ultragauche, en centre-ville de Rouen » après la dispersion du cortège.

Sur cette vidéo, plusieurs individus, certains masqués et cagoulés, courent dans le centre-ville avant de frapper un homme à terre. Une dizaine de policiers traversent ensuite le groupe pour contrôler la victime, tandis que les auteurs des violences se replient aux cris de « Rouen nationaliste » et « la rue, la France, nous appartient ». L'enquête pour violences aggravées a été confiée à la police nationale dès dimanche.

Le ministre évoque des suites judiciaires et administratives

Nuñez a révélé que des appels avaient été détectés sur les réseaux sociaux, émanant de « nombreuses mouvances d'ultradroite », de personnes de « la mouvance identitaire » et de « nationalistes (...) qui voulaient descendre dans les centres-villes pour protéger les commerces ».

Ces groupes se sont « constitués dans ce qu'on appelle un groupe de combat, ou à tout le moins un groupe constitué en vue de commettre des violences », ce qui « relève peut-être d'incrimination pénale », a-t-il estimé. Il a également évoqué la possibilité de dissoudre ces groupes si leur constitution en groupes de combat était avérée.

Le ministre a promis « des suites » judiciaires et administratives. S'il s'avère que certains de ces groupes avaient déjà été dissous par le passé, « on les poursuivra au pénal pour reconstitution de ligue dissoute », a-t-il prévenu.

Source: Google News LU FR

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