Violences urbaines en Guadeloupe : trois hommes condamnés à des TIG
Au tribunal de Pointe-à-Pitre, trois hommes sans casier ont été condamnés lundi à des travaux d'intérêt général pour recel et blocages. Leurs avocats déplorent l'absence des principaux auteurs.

Premières condamnations après les violences urbaines en Guadeloupe
Lundi 19 octobre, le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre a rendu ses premières décisions dans le cadre des violences urbaines survenues en Guadeloupe, selon rci.fm. Trois hommes, tous sans antécédents judiciaires, comparaissaient en audience immédiate.
Deux d'entre eux, âgés de 22 et 27 ans, avaient été interpellés la veille, dimanche 18 octobre, vers 5 heures du matin. À bord de leur véhicule se trouvaient des accessoires de téléphonie provenant du pillage du magasin Bureau Vallée à Pointe-à-Pitre, commis quelques heures plus tôt. L'un des deux prévenus, docker de profession, a soutenu avoir acheté le matériel. Le second a reconnu l'avoir ramassé au sol, en sachant qu'il était d'origine frauduleuse. Tous deux ont été condamnés à un mois de travail d'intérêt général (TIG), soit 140 heures chacun, pour recel aggravé.
Le troisième dossier portait sur les faits de Petit-Bourg. Un jeune homme de 18 ans comparaissait pour des violences exercées contre des gendarmes sur un barrage enflammé, le lundi matin. Il a reconnu y avoir déposé un pneu, mais a nié les jets de pierres et de mortiers d'artifice. Le tribunal l'a condamné à deux mois de TIG, soit 240 heures, assortis d'une amende de 500 euros.
Les trois condamnés devront exécuter leurs peines sous peine de conversion en emprisonnement ferme.
La défense dénonce l'absence des auteurs principaux
L'avocat des prévenus, Maître Olivier Chipan, a vivement critiqué la composition du prétoire. « Ceux qu'on attendait étaient partis depuis longtemps quand mon client a été interpellé, près de deux heures après le début du pillage de Bureau Vallée », a-t-il déclaré. Il a précisé que le coffre de son client ne contenait qu'« un chargeur, une coque de téléphone, une protection d'ordinateur et un support de téléphone » — des objets qu'il a qualifiés de « pacotilles qui n'ont rien à voir avec ce qui s'est passé quelques heures plus tôt ».
Sur la peine prononcée, Maître Chipan a estimé qu'elle lui « paraît correcte », tout en soulignant son caractère inhabituel pour une comparution immédiate. « Les réquisitions de huit mois de prison ferme visaient clairement à faire un exemple, j'ai été très surpris », a-t-il ajouté.
Concernant le jeune homme de Petit-Bourg, l'avocat a reconnu le caractère répréhensible du geste, mais a mis en avant l'absence de casier judiciaire de son client. Il a également relevé que des personnes identifiées publiquement, notamment à la télévision ou à la radio, auraient commis des actes plus graves — comme le blocage de la zone économique de Jarry — sans faire l'objet de poursuites. « Pourquoi le parquet ne poursuit-il pas ces personnes-là ? », a-t-il interrogé.
La défense a par ailleurs déploré que seuls des individus arrêtés après les faits aient été traduits en justice, les auteurs principaux, décrits comme cagoulés, n'ayant pas été présentés à la barre.
D'autres audiences attendues dans la semaine
Le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre devrait examiner d'autres dossiers liés aux violences urbaines tout au long de la semaine. Ces premières condamnations marquent le début d'une série de procédures judiciaires consécutives aux troubles qui ont secoué l'archipel.
Source: Google News GP — Crime