Incendie de Grundhof : 20 ans de prison requis contre l'ex-pompier pyromane
Un ancien pompier est jugé à Diekirch pour avoir incendié un immeuble à Grundhof en mai 2023, faisant 26 victimes. Le parquet a requis 20 ans de réclusion.

Procès à Diekirch : vingt ans requis contre l'ex-pompier qui a mis le feu à son propre immeuble
« Ce sont 59 années de ma vie qui sont parties en fumée. Ce que j'ai vécu, je ne le souhaite à personne. » Ces mots, prononcés par l'une des 26 victimes de l'incendie criminel de Grundhof, ont résonné jeudi dans la salle d'audience du tribunal de Diekirch. Selon L'Essentiel, le parquet a requis une peine de vingt ans de réclusion contre l'accusé, prénommé Bob, un ancien pompier soupçonné d'avoir allumé le feu en mai 2023 dans l'immeuble où il résidait, situé dans la commune de Beaufort.
L'incendie s'était déclaré dans la nuit du 10 au 11 mai 2023. L'enquête a établi que Bob avait mis le feu à une bâche entreposée dans le grenier du bâtiment. Ce n'est pas un premier fait : il avait déjà été condamné pour incendie volontaire et aurait également brûlé deux chalets du camping Grundhof en 2019. Le tribunal de Diekirch en est à son deuxième jour d'audience.
26 victimes, un bâtiment toujours inhabitable
Plusieurs résidents sont venus témoigner de leur traumatisme. « J'ai perdu une collection d'anciens appareils photo, dont certains m'ont été légués par mon père », a relaté l'une des victimes. Après le sinistre, l'homme a quitté le pays pour se réfugier en France, d'où est originaire sa famille. L'immeuble demeure inhabitable à ce jour.
La majorité des victimes réclament des dommages et intérêts à hauteur de 5 000 euros chacune. Certaines se présentent seules à la barre, sans avocat et sans savoir précisément quoi demander, mais partagent toutes le même constat : « Cette nuit-là, j'ai tout perdu. »
Un comportement suspect relevé dès la nuit du drame
Dans son réquisitoire, le procureur a rappelé que les habitants avaient rapidement signalé le comportement inhabituel de l'accusé lors de l'incendie. Un témoin se souvient l'avoir vu « courir de gauche à droite en pantoufles » avec un extincteur devant les flammes. Fortement alcoolisé, Bob aurait également entravé le travail des pompiers, leur lançant : « Donnez-moi une veste, j'étais pompier, je veux vous aider. »
Lors des interrogatoires, l'accusé est rapidement passé aux aveux : « Vous avez raison, je mets le feu et puis je l'éteins en espérant que ça ira mieux, mais cette fois-ci, cela ne s'est pas bien passé. » Il ne conteste pas les deux incendies. Le magistrat a toutefois précisé que Bob ne présente pas de pyromanie au sens médical du terme, notamment en raison de sa consommation d'alcool précédant chaque acte.
La circonstance aggravante : 23 résidents dormaient dans le bâtiment
Le procureur a insisté sur un élément central : dans la nuit de l'incendie, 23 des 26 résidents se trouvaient chez eux, endormis. « On peut parler de chance que rien de plus grave ne s'est passé cette nuit-là », a-t-il déclaré. En tant qu'ancien pompier, Bob aurait dû savoir, selon le parquet, que le feu allait se propager en quelques minutes à partir de la bâche qu'il avait enflammée.
La défense plaide l'addiction et demande une réinsertion
L'avocat de la défense, Me Stroesser, qui suit Bob depuis près de vingt ans, a reconnu que son client « aurait dû réfléchir aux conséquences », mais a argué qu'« on n'arrive plus à réfléchir comme on le devrait » dans un état d'ébriété avancé. Il a également mis en avant l'addiction à l'alcool dont souffre l'accusé depuis l'enfance, sa mère étant elle-même alcoolique. « Mon client ne doit pas rester toute sa vie en prison, il doit en ressortir guéri », a conclu l'avocat.
Le verdict est attendu pour le 14 janvier 2027.
Source: L'Essentiel