Viol sous soumission chimique à Winchester : une femme témoigne contre quatre accusés
Une femme droguée et violée par son mari a témoigné pour la première fois à Winchester contre quatre hommes. L'affaire rappelle le procès Pelicot.
Procès de Winchester : Joanne Young témoigne pour la première fois face aux quatre accusés
Une femme dont l'ex-mari a reconnu l'avoir droguée et violée pendant des années a pris la parole pour la première fois mercredi à la barre du tribunal de Winchester, en Angleterre, rapporte france24.com. Joanne Young, 49 ans et mère de trois enfants, témoigne dans le cadre du procès de quatre hommes accusés d'avoir eu des rapports sexuels avec elle sans son consentement, à l'invitation de son époux Philip Young, 50 ans, qui a plaidé coupable en janvier.
Quatre accusés, des chefs d'inculpation distincts
Les quatre hommes comparaissent pour des faits distincts. Norman Macksoni, 48 ans, et Richard Wilkins, 62 ans, sont accusés de viol. Connor Sanderson-Doyle, 32 ans, répond d'agression sexuelle et d'attouchement sexuel. Mohammed Hassan, 38 ans, est poursuivi pour attouchement sexuel. Dans chaque cas, les faits auraient été commis en association avec Philip Young.
Comme dans l'affaire Pelicot en France — dont le retentissement mondial en 2024 a marqué les esprits —, Joanne Young a renoncé à son droit à l'anonymat. Les deux époux sont désormais séparés.
"Deux personnes dans ma chambre"
Interrogée mercredi après-midi, vêtue d'un tee-shirt noir, Joanne Young a décrit comment, en février 2023, elle s'était réveillée attachée et les yeux bandés, avec "deux personnes" présentes dans sa chambre, dont l'une lui semblait être son mari. "L'un me touchait le poignet, pour l'autre c'était du sexe oral", a-t-elle déclaré. Les quatre accusés sont restés impassibles durant ce bref témoignage.
Dans la matinée, le tribunal avait visionné deux enregistrements vidéo d'entretiens de Joanne Young avec la police. Dans une vidéo datée de juillet 2024, elle décrit ses rapports sexuels conjugaux comme "normaux" et "monogames", souvent consécutifs à des soirées entre amis ou à un verre pris avant d'aller se coucher. "Le plus souvent, j'étais déjà endormie quand il initiait un rapport sexuel", dit-elle dans cet enregistrement.
Elle évoque également des réveils réguliers les yeux bandés et attachée, sans se souvenir comment cela s'était produit. "C'était presque toujours quand je dormais", a-t-elle précisé, ajoutant se retrouver dans un état "somnolent".
Découverte après signalement en ligne
La police a été alertée lorsque Philip Young a été signalé pour avoir diffusé en ligne des images sexuelles explicites, a indiqué le parquet mardi. En perquisitionnant son domicile, les enquêteurs ont découvert des vidéos montrant Joanne Young immobilisée dans son lit pendant que d'autres hommes avaient des relations sexuelles avec elle.
Au lendemain d'une soirée au pub en février 2023, son mari lui avait confié avoir fréquenté des "forums" en ligne et avoir "invité quelqu'un pour nous regarder coucher ensemble". "J'étais vraiment perturbée, choquée que quelqu'un ait été là", a-t-elle déclaré aux enquêteurs. "C'était tellement intrusif, quelque chose que jamais je n'accepterais ni ne souhaiterais." Après son arrestation, Philip Young lui a également avoué avoir mis en ligne des photos intimes d'elle. "C'était comme si j'avais pris un coup dans le ventre", a-t-elle réagi.
Une série d'affaires similaires au Royaume-Uni
L'affaire Pelicot — du nom de Dominique Pelicot, condamné en France en 2024, dont l'ex-épouse Gisèle est devenue un symbole de la lutte contre les violences sexuelles — a contribué à libérer la parole bien au-delà des frontières françaises.
Au Royaume-Uni, plusieurs affaires de violences sexuelles facilitées par soumission chimique ont récemment émergé. En dehors de Winchester, un second procès doit s'ouvrir la semaine prochaine à Manchester, après qu'un homme a reconnu en septembre avoir drogué et violé sa femme pendant plus de deux décennies. Douze autres hommes sont accusés dans ce dossier d'avoir agressé son épouse alors qu'elle était inconsciente.
Source: Google News MA — Crime (fr)