Exécution en direct de Nidal Hasan : Mike Johnson émet des réserves

Le speaker républicain Mike Johnson rejoint les voix critiques contre la diffusion en direct de l'exécution de Nidal Hasan, prévue le 3 décembre au Texas.

Johnson contre la diffusion en direct de l'exécution de Nidal Hasan

Le projet de diffuser en direct l'exécution du militaire Nidal Hasan suscite une opposition croissante, y compris au sein du camp républicain. Selon lemonde.fr, le speaker de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a exprimé lundi 12 octobre ses réserves lors d'une interview accordée à CBS News.

« La préoccupation serait que vous réalisiez une vidéo qui servirait d'outil de recrutement pour de futurs terroristes », a déclaré Johnson, ajoutant qu'il ne regarderait pas l'exécution si elle venait à être diffusée. « Nous devons réfléchir aux implications politiques de tout cela », a-t-il précisé. Il a également confirmé que parmi ses collègues au Congrès, « tout le monde n'est pas favorable à cette idée ».

Nidal Hasan, psychiatre militaire américain d'origine palestinienne âgé de 56 ans, doit être fusillé le 3 décembre sur la base de Fort Hood, au Texas. Le 5 novembre 2009, il y avait tué 13 personnes — dont 12 militaires — et blessé plus de 30 autres dans un attentat inspiré par Al-Qaïda. Blessé à la colonne vertébrale pendant la fusillade, il se déplace depuis lors en fauteuil roulant.

C'est le secrétaire à la Défense Pete Hegseth qui a annoncé que l'exécution serait retransmise en direct, déclenchant une vague d'indignation immédiate.

Parmi les voix républicaines critiques, Austin Scott, membre de la commission des affaires militaires à la Chambre, a estimé ces derniers jours : « Je soutiens totalement la condamnation à mort, mais diffuser des exécutions en direct est ce que font les djihadistes. L'Amérique vaut mieux que ça. » Le sénateur républicain John Curtis a également réagi, affirmant qu'« une civilisation s'abîme quand elle nourrit un appétit pour les exécutions comme une forme de spectacle ».

Le président Donald Trump, qui a approuvé l'exécution sur le plan militaire, a néanmoins indiqué que la décision concernant sa diffusion n'était pas encore arrêtée.

L'opposition démocrate s'est, elle aussi, fermement prononcée contre ce projet. Jack Reed, principal élu démocrate à la commission des forces armées du Sénat, a écrit sur X : « C'est un cadeau pour les recruteurs terroristes anti-américains. C'est absolument honteux et porte atteinte aux intérêts et aux valeurs fondamentales de l'Amérique. »

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a quant à lui qualifié une telle retransmission de forme de « torture », réitérant sa position face « aux exécutions publiques en Afghanistan et en Iran ». Amnesty International recense au moins 17 exécutions publiques dans le monde en 2025 : 11 en Iran et six en Afghanistan.

À contre-courant, le ministre de la Sécurité intérieure Markwayne Mullin a déclaré dimanche ne percevoir aucun « risque accru » en cas de diffusion publique, ajoutant que « personne n'est obligée de le regarder s'il n'en a pas envie ».

Cette exécution sera la première conduite par l'armée américaine depuis 1961, et la première par peloton d'exécution depuis 1945. La grande majorité des exécutions aux États-Unis relève des juridictions des États fédérés ; les exécutions fédérales demeurent rares, et celles relevant de la justice militaire sont désormais exceptionnelles.

Source: Google News LU FR