Police de Lévis sous enquête déontologique après la mort de Maëlyne Lugez

Le Commissaire à la déontologie policière examine la conduite des policiers lors de la disparition de la jeune Maëlyne Lugez en novembre 2024.

Police de Lévis sous enquête déontologique après la mort de Maëlyne Lugez

Enquête déontologique ouverte contre le Service de police de Lévis

Le Service de police de la Ville de Lévis (SPVL) fait l'objet d'une enquête déontologique en lien avec son intervention lors de la disparition de Maëlyne Lugez, une adolescente retrouvée morte en novembre 2024. Selon ledevoir.com, le Commissaire à la déontologie policière a déclenché l'enquête pour déterminer si la conduite des agents constitue « un acte dérogatoire au Code de déontologie des policiers du Québec ».

L'enquête est en cours depuis la fin septembre. Elle fait suite au premier rapport sur le décès de l'adolescente, rédigé par la coroner Sophie Régnière et publié en novembre 2025, qui avait conclu à une mort accidentelle sans examiner l'opération policière. Ce rapport avait été vivement critiqué par le père de la jeune fille, ouvrant la voie à une enquête publique menée par le coroner Luc Malouin, dont les conclusions ont été rendues plus tôt en septembre.

Une adolescente retrouvée 24 heures après sa disparition

Maëlyne Lugez avait quitté son école secondaire durant l'heure du midi, se dirigeant vers un boisé avoisinant alors qu'elle traversait une période difficile sur le plan psychologique. Elle ne fut retrouvée que le lendemain, plus de 24 heures plus tard, le visage plongé dans un ruisseau situé à environ 700 mètres de son école.

Les recherches avaient débuté peu après sa disparition, mais furent interrompues vers 21 h 30. Le SPVL avait alors invoqué la noirceur, le froid et la fatigue de ses effectifs pour justifier l'arrêt des opérations.

Le coroner conclut à un décès survenu après l'interruption des recherches

Le rapport du coroner Malouin établit que Maëlyne Lugez est probablement décédée plus tard en soirée ou au cours de la nuit, à la suite d'un état confusionnel provoqué par l'hypothermie. L'hypothèse d'un geste suicidaire a été écartée par Malouin, qui a reconstitué les derniers moments de la jeune fille : « Maëlyne a probablement eu un malaise à un moment ou à un autre alors qu'elle marchait dans le boisé. Elle aurait déposé son sac au sol, continué son chemin, enlevé ses souliers et s'est probablement affaissée au sol. Elle a rampé sur le ventre et s'est rendue au ruisseau où elle a perdu connaissance pour ultimement s'y noyer accidentellement. »

Des manquements policiers relevés, mais la bonne foi reconnue

Le coroner Malouin identifie plusieurs manquements dans la conduite des recherches, tout en soulignant la bonne foi des policiers impliqués. Il note notamment que le périmètre de recherche n'a pas été étendu au-delà de 300 mètres comme le prévoit la procédure, que le recours à un maître-chien a été tardif, et que la communication entre le SPVL et la Sûreté du Québec s'est révélée insuffisante.

Malouin précise toutefois que « rien ne permet de croire que si les recherches avaient été faites autrement, la conclusion aurait été différente ».

C'est désormais le Commissaire à la déontologie policière qui doit trancher la question de la responsabilité professionnelle des agents impliqués dans cette intervention.

Source: Google News CA — Québec (FR)