Attentat de Trappes : la famille d'une victime demande des comptes sur la surveillance de l'auteur
La famille de Pengo Bossio Wangi, 26 ans tué lors de l'attaque vendredi aux Yvelines, réclame des explications sur l'absence de signalement préventif du tireur présumé et n'exclut pas d'engager une action en responsabilité administrative de l'État.

Enquête administrative exigée après l'attaque d'Yvelines
Selon Actu17, la famille de Pengo Bossio Wangi, combattant de MMA âgé de 26 ans tué vendredi à Trappes et La Verrière, réclame des réponses sur la surveillance de l'auteur présumé des tirs. Son avocat, Me Yassine Bouzrou, affirme dans un communiqué que les proches du défunt demandent la communication de tous les éléments relatifs au suivi de l'assaillant et n'excluent pas de rechercher la responsabilité administrative de l'État en cas de défaillance établie.
Pengo Bossio Wangi a été mortellement touché square Louis Pergaud, à Trappes, lors d'une attaque au cours de laquelle l'assaillant, âgé de 39 ans, a ouvert le feu à l'arme automatique sur six sites différents. Cinq autres personnes ont été blessées, dont une fillette de 12 ans restée en état grave samedi. La police a découvert un pistolet-mitrailleur de type Sten dans la voiture du tireur présumé lors de son interpellation.
L'avocat de la famille souligne que « l'auteur présumé était détenteur d'armes de guerre et était déjà connu des services de police et de la justice ». Le casier judiciaire de l'assaillant porte trace de quatre condamnations réhabilitées de plein droit, selon le parquet national antiterroriste. Me Bouzrou interroge les conditions dans lesquelles cet individu n'a fait l'objet d'aucun signalement préventif, alors même que son armement et son profil auraient dû attirer l'attention des services compétents.
Parcours de radicalisation en question
Les proches de la victime demandent également que l'enquête établisse de manière exhaustive le parcours de radicalisation du mis en cause et les sources idéologiques auxquelles il a été exposé. La famille souligne que les thèses racistes du « grand remplacement » et les propos de stigmatisation de populations font l'objet, depuis plusieurs années, d'une diffusion dans certains espaces médiatiques et politiques. Ce contexte devra selon elle être documenté et évalué dans le cadre de la procédure.
L'appartement du tireur présumé était piégé avec trois bouteilles de gaz reliées à un minuteur, a précisé le PNAT vendredi soir. Né le 12 septembre 2000 à Poissy, Pengo Bossio Wangi a grandi dans les Yvelines, où il avait été scolarisé au collège Gustave Courbet de Trappes. Il pratiquait le MMA en amateur à la Atch Academy d'Aubervilliers, une salle réputée en France, où il comptait sept combats pour trois victoires et quatre défaites.
Hommages et enquête en cours
Son club de MMA a rendu hommage à un sportif « présent, respectueux, toujours prêt à pousser les autres vers le haut ». Stéphane Chaufourier, patron de l'Atch Academy, a déclaré à L'Équipe : « C'était vraiment un très bon mec ». Agathon Ebessa, qui l'a affronté à deux reprises en 2024, a gardé le souvenir d'« un bon gars, un vrai rival ». Une marche blanche s'est déroulée dimanche matin à 10 heures depuis la mairie d'Aubervilliers pour rendre hommage au combattant.
Le parquet national antiterroriste a ouvert une enquête notamment des chefs d'assassinat et de tentatives d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits auraient été commis à raison de l'appartenance vraie ou supposée des victimes à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée. La garde à vue de l'homme de 39 ans, qui peut durer jusqu'à 96 heures, a été prolongée samedi matin. Une analyse de sang destinée à déterminer l'imprégnation toxicologique de l'assaillant était toujours en cours. Trois mesures de garde à vue ont été prises parmi les membres de son entourage familial et amical.
Source: Actu17