Conducteur jugé pour le meurtre du cycliste Paul Varry, libéré sous bracelet électronique

Le conducteur du SUV qui a écrasé le cycliste Paul Varry en octobre 2024 à Paris attend son procès aux assises, placé sous assignation à résidence avec surveillance électronique.

Remise en liberté après deux ans d'incarcération

Selon TF1 Info, la cour d'appel de Paris a ordonné la libération du conducteur du SUV, mis en accusation pour le meurtre du cycliste Paul Varry. L'automobiliste, qui doit comparaître aux assises, a été placé sous contrôle judiciaire avec assignation à résidence sous surveillance électronique dans l'attente de son procès.

La chambre de l'instruction avait ouvert la voie à cette remise en liberté le 1ᵉʳ octobre, en ordonnant une enquête de faisabilité. Le ministère public s'y opposait, craignant une possible fuite du mis en cause vers Israël, où il aurait "des attaches", ou encore un "risque de trouble persistant" à l'ordre public.

Les arguments de la défense

Les avocats du conducteur, Fabien Arakelian et Caroline Toby, ont salué cette décision auprès de l'AFP. "Deux ans après les faits, il n'existait plus aucun critère qui permettait de maintenir notre client en détention provisoire", ont-ils déclaré. "Cette décision est logique et respectueuse du droit", ont-ils ajouté.

La défense conteste néanmoins la qualification de meurtre, affirmant qu'Ariel M. n'a jamais eu l'intention de donner la mort. Cependant, l'ordonnance de mise en accusation, confirmée par la cour d'appel en septembre, maintient cette qualification.

Les circonstances de la mort

Paul Varry, 27 ans, a été tué en octobre 2024 en fin d'après-midi sur le boulevard Malesherbes, au centre de Paris, alors qu'il circulait sur la piste cyclable. Ariel M. conduisait sa fille lycéenne, en retard pour un rendez-vous chez l'ophtalmologue, lorsque son SUV s'est retrouvé coincé derrière le jeune cycliste.

L'automobiliste avait engagé son véhicule sur la bande cyclable. Paul Varry, à l'arrêt et le pied au sol, a crié que le conducteur lui coinçait le pied et a tapé plusieurs fois sur la carrosserie pour exprimer son mécontentement, selon l'ordonnance de mise en accusation.

Après l'incident, le cycliste était descendu de vélo et s'était écarté, tandis que le conducteur faisait une marche arrière pour dégager le pied coincé. Lorsque Paul Varry s'est rapproché de la voiture à pied, le conducteur avait accéléré vivement en tournant vers la victime.

La qualification de meurtre maintenue

La juge d'instruction a estimé que le conducteur, malgré ses dénégations, avait tué le cycliste "en lui roulant volontairement sur le corps et en l'écrasant" avec son SUV Mercedes de 2,3 tonnes, après l'altercation. L'ordonnance a été confirmée par la cour d'appel en septembre.

La mort de Paul Varry avait provoqué l'indignation chez de nombreux cyclistes et déclenché une mission gouvernementale contre la violence sur les routes.

Source: TF1 Info

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