Yvelines : suspect mis en examen pour attentat raciste, un mort et cinq blessés
Kévin T., 39 ans, a été écroué après avoir reconnu viser des personnes musulmanes et africaines. Des autocollants faits maison louant le Rassemblement national ont été découverts à son domicile.

Attentat raciste dans les Yvelines : mise en examen et écrou du suspect
Selon TF1 Info, le suspect de l'attentat terroriste commis vendredi matin dans les Yvelines a été présenté jeudi 29 octobre devant un juge à Paris. Kévin T., 39 ans, a été mis en examen pour « assassinat » et « tentatives d'assassinats » en lien avec une « entreprise terroriste », puis écroué conformément aux réquisitions du parquet national antiterroriste (Pnat).
L'homme a reconnu avoir ciblé des personnes « de type musulman ou africain ou nord-africain », selon le procureur antiterroriste Olivier Christen. L'attaque vendredi a tué un Français de 26 ans, Pengo Bossio Wangi, originaire de République démocratique du Congo, et blessé sept autres personnes, dont plusieurs d'origine africaine ou maghrébine, à Trappes et La Verrière.
Christen a précisé que Kévin T. avait choisi Trappes car il la considérait comme un « repaire d'islamistes ». L'homme a néanmoins « contesté toute intention terroriste », estimant son action « légitime ». Ses avocats, Mes Baptiste Bellet et Eliott Amzallag, ont déclaré à la presse que « l'information judiciaire va être longue car la gravité des faits l'exige ».
Préparation minutieuse et découvertes au domicile
La perquisition au domicile de Kévin T. à Plaisir, qui était piégé, a révélé une préparation « très grande » de l'acte criminel. Les enquêteurs ont découvert des armes ou éléments d'armes : un chargeur, deux poings américains, une baïonnette en acier et un silencieux. Ont également été retrouvés un exemplaire de « Mein Kampf » d'Adolf Hitler, un Coran et une Bible.
Selon le procureur, trois séries d'autocollants faits maison ont été saisies : 30 portant la mention « Vive la France, RN, fier d'être français », 99 avec « 100% français/vive la France » et 98 avec « Soutien aux forces de l'ordre ». Kévin T. a indiqué avoir « lui-même dessiné ces autocollants » avant d'en commander la fabrication via Amazon il y a plus d'un an.
Acquisition d'équipements tactiques et antécédents
En septembre, Kévin T. avait acquis « plusieurs éléments d'armes de nature à renforcer l'efficacité tactique du pistolet mitrailleur Sten, un brassard police et des menottes », a détaillé Christen. Ces acquisitions témoignaient d'une préparation planifiée sur plusieurs mois.
Kévin T., condamné à quatre reprises par le passé — la dernière en 2012 — a fait état de problèmes psychologiques et d'une forte consommation de stupéfiants depuis l'âge de 13 ans. Au moment de l'attaque, des analyses ont révélé la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang, ainsi que de molécules « cohérentes avec la prise de médicaments antipsychotiques et antidépresseurs ». Christen a précisé que le diagnostic de schizophrénie allégué par Kévin T. était « davantage une interprétation de l'intéressé qu'une conclusion médicale ».
Incident trois jours avant l'attentat
Le 20 octobre, trois jours avant son action meurtrière, Kévin T. avait été filmé « se battant avec un homme noir » dans une station-service où il travaillait comme prestataire, selon une source proche du dossier. Il avait été interpellé ce jour-là pour avoir frappé un automobiliste à la station-service de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), puis entendu en audition libre pour violences volontaires.
Interrogé sur des photographies découvertes sur le site France Palestine datées de février 2018 ou sur sa participation à des réunions « Stop Pub », Kévin T. a indiqué avoir infiltré « les gauchistes » à une époque. L'homme était inconnu des services de renseignement avant l'attentat.
Débat politique et questionnements judiciaires
L'attentat a enflammé le débat politique. Yassine Bouzrou, avocat de cinq personnes parmi les victimes et blessés, a déclaré à l'AFP que « l'instruction doit désormais permettre de répondre à toutes les questions que ce dossier soulève : comment un individu aussi dangereux a-t-il pu préparer un tel acte sans jamais être repéré en amont ? Comment s'est-il procuré cet arsenal ? »
Romain Ruiz, avocat d'un homme « atteint par deux balles aux jambes », a estimé : « Ce que nous apprennent les déclarations de cet homme, c'est que le Rassemblement national lui a fourni une munition idéologique et que c'est cette munition qui est sortie de son arme vendredi ». Plusieurs rassemblements ont eu lieu pour « dénoncer la banalisation de la haine raciste ».
Source: TF1 Info