Double agression armée dans une école maternelle de Nice, suspecte fichée pour radicalisation
Une mère d'élèves de 36 ans a attaqué la directrice et une enseignante à l'école Clément Roassal. La suspecte est sous OQTF et inscrite au fichier de suivi de la radicalisation islamiste.

Tentative de meurtre dans une école maternelle de Nice : ce que l'on sait
Une femme de 36 ans a agressé la directrice et une enseignante de l'école maternelle Clément Roassal, à Nice, le lundi 2 novembre au matin, rapporte huffingtonpost.fr. Le parquet des Alpes-Maritimes a ouvert dans la soirée une enquête pour « tentative de meurtre ».
Les faits se sont produits aux alentours de 9h, jour de rentrée après les vacances de la Toussaint. La mère de deux enfants scolarisés dans l'établissement s'est présentée à l'accueil pour demander en urgence un entretien avec la directrice.
Déroulement de l'agression
Le procureur Damien Martinelli a détaillé la séquence des événements. Une fois reçue par la directrice, la femme a pointé une arme à feu dans sa direction en portant des accusations d'agressions sexuelles dont l'un de ses enfants aurait été victime.
Elle a ensuite giflé la directrice, lui a tiré les cheveux, puis a rangé l'arme à sa ceinture avant de la gifler à nouveau. Elle a repris l'arme et actionné la queue de détente en direction de la directrice sans qu'un coup ne parte, précisant n'avoir que deux balles.
Selon le procureur, la suspecte a ensuite frappé la directrice au visage avec l'arme, puis a sorti un couteau qu'elle lui a posé sur la joue, avant de quitter le bureau environ une heure après y être entrée.
En sortant de la salle, elle a croisé une enseignante à qui elle a adressé les mêmes accusations, l'a giflée et a pointé l'arme dans sa direction avant de quitter l'établissement. Aucun élève n'a assisté à la scène, a précisé le maire de Nice Éric Ciotti.
Profil de la suspecte
Interpellée peu après à son domicile et placée en garde à vue — prolongée dans la soirée —, la femme a indiqué détenir la double nationalité tunisienne et italienne et exercer la profession d'aide-soignante. Elle conteste tout fait de violences.
Le parquet précise qu'elle a déjà été condamnée à deux reprises, notamment pour violences avec arme en 2019. La perquisition de son domicile n'a pas permis de retrouver l'arme de poing utilisée lors de l'agression.
Le lendemain, mardi 3 novembre, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a apporté des précisions sur sa situation administrative lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. Elle était en situation irrégulière depuis 2019, assignée à résidence, et avait obtenu l'asile en Italie en 2022. Elle pointait régulièrement au commissariat et était sous le coup d'une OQTF — obligation de quitter le territoire français.
Nuñez a précisé qu'elle avait fait l'objet d'une interdiction administrative de territoire dès 2019, après avoir été reconduite en Tunisie, notamment pour des agressions et des propos tenus à l'encontre de fonctionnaires de police. Malgré cette interdiction, elle a été à nouveau interpellée en France en 2023, et la mesure a été renouvelée de manière constante depuis.
Une source proche du dossier, confirmant une information de Nice-Matin, a indiqué que la femme est inscrite au fichier de suivi des signalements pour radicalisation à caractère terroriste (FSPRT). Elle est donc fichée pour radicalisation islamiste.
Réactions politiques
Le ministre de l'Intérieur a qualifié l'agression de « grave » et d'« insoutenable et intolérable dans une école de la République ». Il a promis que « toutes les conséquences de cette situation seront tirées » et que « tout sera fait pour procéder à son éloignement ». Il a toutefois souligné qu'elle bénéficiait d'un certain nombre de protections en tant que parente d'un enfant français.
Éric Ciotti, maire de Nice, s'est rendu sur place dans la matinée du lundi. Il a dénoncé une agression « d'une violence inouïe et particulièrement grave » ayant provoqué « un choc majeur dans toute la communauté éducative niçoise ». Sur le réseau social X, il a assuré rester « pleinement mobilisé aux côtés de la communauté éducative pour assurer la sécurité de tous ».
L'enquête, ouverte notamment pour tentative de meurtre sur une personne chargée d'une mission de service public, a été confiée à la police judiciaire de Nice.
Source: Google News LU FR