Fusillade de Trappes : les propos de Macron sur un "premier" attentat raciste déclenchent une polémique

Après la fusillade de Trappes, Emmanuel Macron a qualifié l'attaque de "premier" acte terroriste raciste, une affirmation contestée par la classe politique.

Fusillade de Trappes : les propos de Macron sur un "premier" attentat raciste déclenchent une polémique

Macron sous le feu des critiques après la fusillade de Trappes

Selon rtl.be, la classe politique française a vivement contesté, vendredi, les propos d'Emmanuel Macron sur la fusillade survenue entre Trappes et La Verrière, dans les Yvelines. Le président de la République avait qualifié cette attaque de « premier » acte terroriste planifié en France en raison de la « couleur de peau ou de la religion » des victimes — une formulation aussitôt contestée de toutes parts.

Une fusillade à caractère raciste, un mort et cinq blessés

Un homme soupçonné d'avoir ciblé des personnes issues de l'immigration a ouvert le feu vendredi, faisant un mort et cinq blessés. Il a été interpellé et placé en garde à vue.

« C'est un tournant parce que c'est la première fois qu'il y a un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, en raison de leur couleur de peau ou de la religion qu'on leur donne », a affirmé M. Macron, en déplacement à Trappes dans la soirée. « Ce qui s'est passé aujourd'hui, c'est un attentat terroriste, raciste », a-t-il ajouté.

Des précédents rappelés de toutes parts

La déclaration présidentielle a immédiatement suscité des réactions contradictoires, à droite comme à gauche, ainsi que du côté des associations. Les détracteurs de Macron ont rappelé les attaques des quinze dernières années : les meurtres commis en 2012 par Mohamed Merah, qui a tué sept personnes dont trois enfants d'une école juive ; l'attentat de l'Hypercasher en 2015 ; l'assassinat du père Hamel en 2016 ; ou encore l'attaque de la basilique Notre-Dame de Nice en 2020.

Sur la plateforme X, Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a directement interpellé le chef de l'État : « Contrairement à ce que vous déclarez, ce n'est pas +la première fois+ que des Français sont visés et tués, dans le cadre d'une opération terroriste planifiée, +en raison de leur couleur de peau ou de leur religion+. »

Le député PS de l'Essonne Jérôme Guedj a été plus direct encore. « Cette déclaration du président de la République est factuellement fausse donc politiquement problématique », a-t-il affirmé, soulignant que « l'assignation identitaire » avait déjà « servi de levier au terrorisme ».

Le député européen LR François-Xavier Bellamy a remonté jusqu'à l'attentat de la rue des Rosiers en 1982. Il a appelé Macron à ne pas, « pour faire croire qu'elle est un +tournant+, nier soudain la réalité des larmes versées par la France depuis bien trop longtemps », citant également l'attentat contre Charlie Hebdo et le meurtre de Samuel Paty.

La députée européenne Sarah Knafo (Reconquête) a, quant à elle, accusé le président de « choisir ses morts ». « Il oublie les catholiques, comme le père Hamel, mort parce que catholique. Il oublie les Juifs, comme les enfants Sandler, morts parce que Juifs. Il oublie les Blancs, comme Thomas, mort parce que Blanc », a-t-elle écrit.

Le Crif soulève également la question

Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), a lui aussi réagi à la déclaration présidentielle. « Tuer un Français pour sa couleur de peau ou sa religion supposée, c'est attaquer la République tout entière », a-t-il écrit sur X, avant d'ajouter que « ce n'est malheureusement pas +la première fois+ » qu'un tel attentat se produit en France. Arfi a précisé que « cette unité est sacrée » et que la déclaration du chef de l'État « oblige à une mise au point ».

L'Élysée tente de clarifier

Face à la polémique qui s'est enflammée sur les réseaux sociaux, l'Élysée a pris la parole dans la soirée pour préciser que « le chef de l'État parl(ait) bien évidemment du premier attentat raciste sur le fondement de la couleur de peau commis dans notre pays, ainsi qu'il l'a précisé au début de son intervention ».

Emmanuel Macron a lui-même publié un message sur X pour tenter d'apaiser les tensions. « Je veux rappeler une vérité essentielle et éviter toute polémique : notre pays a connu, ces dernières années, des attentats qui ont frappé des chrétiens parce qu'ils étaient chrétiens et des juifs parce qu'ils étaient juifs. Aucune de ces victimes ne doit être oubliée. Aucune douleur ne doit être hiérarchisée », a-t-il écrit. « Et je veux que rien, ce soir, ne vienne ajouter à la peine des familles, à la tristesse du pays et au recueillement de la nation. »

Source: Google News BE FR

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