Hôtel de ville de Limoges incendié : le maire Guérin accuse un "commando" d'ultragauche

Le 17 octobre, des militants d'ultragauche ont incendié l'hôtel de ville de Limoges, monument historique. Le maire exige un engagement financier massif pour sa reconstruction.

Limoges : l'hôtel de ville ravagé par les flammes le 17 octobre

Lepopulaire.fr rapporte que l'hôtel de ville de Limoges, édifice néo-Renaissance classé monument historique depuis 1975, a été incendié le samedi 17 octobre en marge d'une journée de mobilisation nationale contre la vie chère. Le campanile de 43 mètres s'est effondré, le toit s'est écroulé sur les étages inférieurs et les deux tiers de la façade ont disparu. À l'intérieur, les planchers et toitures restants présentent un risque d'effondrement.

Le maire LR de Limoges, Guillaume Guérin, a décrit les faits dans une interview accordée au Monde. « Il y a d'abord eu une manifestation paisible », a-t-il expliqué, précisant que parmi les 5 000 manifestants présents, « 500 à 600 militants d'ultragauche avaient infiltré le cortège ». Les forces de l'ordre, attaquées par des tirs de mortier, se sont rapidement retrouvées dépassées, avant qu'une « intrusion violente » ne soit perpétrée dans le bâtiment.

« Ils avaient préparé leur coup »

Selon Guérin, l'attaque de l'hôtel de ville ne peut pas être imputée aux « pillards opportunistes » qui ont saccagé des commerces en ville. « Les graffitis 'Vive la Commune !', ce ne sont pas ces gamins qui savent ce que c'est », a-t-il tranché. Il assure que les auteurs avaient planifié l'opération : « Ils savaient par où entrer. Ils avaient apporté des mortiers, un bélier de 200 kilos. Ça ne se met pas dans un sac à dos. »

Le maire a décrit des individus « tout de noir vêtus, habillés pour faire la guerre urbaine », portant des drapeaux noirs, anarchistes, palestiniens ou du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA). À l'intérieur du bâtiment, les assaillants auraient crié : « Vous allez tous cramer ! » L'agent posté à l'entrée, menacé de mort, a été contraint de fuir. Par chance, aucun blessé n'est à déplorer parmi le personnel présent.

Inauguré en 1883 et conçu par l'architecte Charles-Alfred Leclerc, lauréat du prix de Rome, l'hôtel de ville était décoré de peintures de Henri-Paul Motte, Jean-Joseph Weerts et Urbain Bourgeois. Le préfet de Haute-Vienne, Maurice Barate, avait qualifié dès le soir du 17 octobre la destruction de « catastrophe patrimoniale ». « Le bâtiment est en grande partie perdu », avait-il estimé.

Le maire exige des engagements écrits du Premier ministre

Guillaume Guérin a exprimé une vive inquiétude sur les risques de répétition de tels événements. « Ce sont les symboles d'autorité qui étaient visés. Si on continue à être naïf, ces scènes se reproduiront de manière récurrente. Il faut donner des moyens à la police pour contenir ces manifestations », a-t-il déclaré, réclamant « des engagements écrits du Premier ministre ».

Sur la question de la reconstruction, le maire a posé un ultimatum : « L'hôtel de ville doit être reconstruit avec les mêmes règles que Notre-Dame de Paris, avec quelqu'un nommé pour conduire le chantier. Si je n'ai pas un engagement financier massif d'ici à mardi, le conseil municipal est prêt à démissionner. »

D'autres sites patrimoniaux touchés en France

Limoges n'est pas la seule ville à avoir subi des dommages patrimoniaux ce 17 octobre. À Lyon, l'ancien pavillon militaire ouest de la place Bellecour, construit en 1852 par l'architecte Tony Desjardins et qui abritait l'office de tourisme, a également été incendié. Ce bâtiment avait fait l'objet d'une importante rénovation en 2015. La Tribune de l'art a qualifié les auteurs d'« une bande de criminels » et parlé d'attaque « terroriste » pour les événements de Limoges.

À Marseille, des individus cagoulés ont forcé les portes de l'hôtel de ville, saccagé l'intérieur, jeté à terre un buste de Marianne et tagué les murs. Ces images ont suscité l'indignation à l'échelle nationale, en raison des symboles républicains délibérément pris pour cibles.

Stéphane Bern promet une restauration « à l'identique »

Le présentateur Stéphane Bern, chargé depuis 2017 de la Mission patrimoine, a réagi le 18 octobre dans une vidéo publiée sur Instagram. « Ces images nous font honte et nous révoltent. À quoi bon passer notre temps à défendre le patrimoine de notre pays pour voir qu'en quelques heures, des hordes sauvages détruisent les maisons communes de nos villes ? », a-t-il déclaré.

Bern a néanmoins voulu transmettre un message d'espoir, promettant une « restauration à l'identique des édifices » pour démontrer que « ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise ». Il a assuré ne pas laisser « s'obscurcir en nous ce grand élan des Français attachés au patrimoine ».

L'ampleur exacte des dégâts reste à déterminer, notamment en ce qui concerne l'état des œuvres conservées à l'intérieur de l'hôtel de ville de Limoges. Les autorités doivent également évaluer ce qui pourra être sauvé avant d'engager toute procédure de restauration. Parallèlement, des tensions et blocages se poursuivaient dans plusieurs villes françaises dans les jours suivant les incidents.

Source: Google News LU FR

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