Yacine A. condamné à 28 ans pour le meurtre de sa compagne cachée dans un congélateur à Grigny

La Cour d'assises de l'Essonne a reconnu Yacine A. coupable du meurtre d'Armale Deodade Aïvohozin, tuée par balle en juillet 2023 à Grigny.

Yacine A. condamné à 28 ans pour le meurtre de sa compagne cachée dans un congélateur à Grigny

Vingt-huit ans de prison pour le meurtre de «Deo» à Grigny

Vingt-huit ans de réclusion criminelle. La Cour d'assises de l'Essonne a condamné jeudi Yacine A., 50 ans, pour le meurtre d'Armale Deodade Aïvohozin, surnommée «Deo», abattue par balle en juillet 2023 dans son appartement de Grigny, en région parisienne. Selon lematin.ch, le corps de cette mère de trois enfants avait ensuite été dissimulé dans un grand congélateur, enveloppé dans des sacs-poubelle.

La peine est assortie d'une période de sûreté des deux tiers et d'une interdiction du territoire français à l'issue de l'incarcération. Le parquet avait requis 30 ans de réclusion. Avant le délibéré, l'accusé a une nouvelle fois présenté ses excuses à la famille de la victime.

Un second homme, Rachid A., poursuivi pour complicité dans la dissimulation du corps, a été condamné à trois ans d'emprisonnement. Il n'a pas été placé en détention à l'issue de l'audience.

Une version des faits non retenue par les jurés

Durant les quatre jours d'audience, Yacine A. a maintenu que le coup de feu mortel était accidentel. Selon son récit, le soir du 19 juillet 2023, Deo lui aurait annoncé vouloir rompre. Il aurait alors appuyé un pistolet contre sa propre tempe en menaçant de se suicider, avant qu'une lutte s'engage et qu'un tir parte involontairement, atteignant la quadragénaire à la poitrine. Il a par ailleurs accusé Rachid A. d'avoir tiré la seconde balle, qui a atteint la victime à la tête.

Les expertises balistiques ont conclu à deux tirs similaires effectués à bout touchant, invalidant cette version. Pour l'accusation, le meurtre s'inscrivait dans un contexte de jalousie et de possessivité : des proches avaient témoigné que Deo souhaitait mettre fin à leur relation, et sa meilleure amie avait prévu de lui parler deux jours avant sa mort.

La disparition signalée par le fils aîné

La famille de Deo avait commencé à s'inquiéter de sa disparition dès le lendemain du drame. Son fils aîné, Mohamed, l'avait déposée à Grigny le soir du 19 juillet, persuadé qu'elle retrouvait une amie. Sans nouvelles, il était revenu sur place et avait rencontré Yacine A., visiblement alcoolisé, qui lui avait déclaré avoir été le compagnon de sa mère. Mohamed ignorait jusqu'alors l'existence de cet homme, que Deo n'avait jamais présenté à sa famille.

Le corps a été découvert le 22 juillet 2023 par la police dans l'appartement de l'accusé, situé au-dessus d'une boucherie où il était employé. L'autopsie a révélé deux impacts de balle, au thorax et à la tête.

Une victime au cœur de sa communauté

Le procès a également mis en lumière la personnalité de la victime. Originaire du Bénin, Deo travaillait dans le milieu scolaire et était décrite par ses proches comme une femme joyeuse, sociable et très attachée à sa famille. Elle était mère de trois garçons.

Son fils aîné, qui prend désormais soin de ses deux frères cadets, a relaté devant la Cour le dernier échange téléphonique avec sa mère, quelques minutes avant sa mort. Rien dans sa voix ne laissait alors pressentir qu'elle se trouvait en danger.

Le meurtre avait provoqué une vive émotion à Grigny ainsi que dans la diaspora béninoise. Plus de trois ans après les faits, de nombreux proches de Deo s'étaient déplacés jeudi pour assister au verdict, certains arborant des tee-shirts à son effigie.

Source: Google News MA — Crime (fr)

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