Christa Pike reprend connaissance après son exécution ratée au Tennessee

Christa Pike, qui a survécu à deux injections létales au Tennessee, a repris connaissance et peut parler, selon ses avocats. Le directeur des prisons a démissionné.

Christa Pike reprend connaissance après son exécution ratée au Tennessee

Après deux injections létales, Christa Pike sort de l'état critique

Selon bfmtv.com, Christa Pike, 50 ans, condamnée à mort au Tennessee, a « repris connaissance et peut parler », ont annoncé mardi ses avocats dans un communiqué. La semaine précédente, deux injections létales de pentobarbital n'avaient pas mis fin à ses jours, la laissant dans un état critique sous assistance respiratoire.

Ses avocats indiquent qu'elle n'a pas encore pu recevoir leur visite à l'hôpital. « Malgré les graves blessures qu'elle a subies aux bras, elle est toujours menottée à son lit. Son rétablissement est sans précédent sur le plan médical. Son pronostic reste incertain mais nous nous attendons au minimum à une longue convalescence », précisent-ils.

Demande de commutation de peine

Les avocats de Pike réitèrent leur demande au gouverneur du Tennessee de commuer sa peine en prison à vie sans possibilité de libération. Ils invoquent les violences traumatiques, notamment sexuelles, que leur cliente a subies depuis l'enfance, ainsi que ses « près de 30 ans de détention à l'isolement » dans le couloir de la mort.

Des témoins présents lors de l'exécution ont rapporté que Pike avait continué à respirer et à ronfler de façon audible après l'administration des deux doses de pentobarbital.

Enquête et démission du directeur des prisons

Le gouverneur Bill Lee a ordonné la suspension de toutes les exécutions dans l'État ainsi qu'une enquête indépendante sur les circonstances de l'échec. Il a ensuite annoncé avoir accepté la démission du directeur de l'administration pénitentiaire du Tennessee (TDOC).

L'administration pénitentiaire affirme avoir respecté scrupuleusement le protocole en vigueur depuis la reprise des exécutions dans l'État en mai 2025, après un moratoire de trois ans. Ce moratoire avait lui-même été décrété en raison de défaillances dans la vérification de la solution mortelle administrée à un condamné.

« Sans comparaison à l'époque moderne »

L'observatoire Death Penalty Information Center (DPIC) a qualifié l'incident d'« exécution ratée sans comparaison à l'époque moderne », soulignant que Christa Pike est « la première personne à survivre à l'injection de doses létales de produits utilisés pour les exécutions ». L'événement a relancé le débat sur l'application de la peine de mort aux États-Unis, et en particulier sur le recours à l'injection létale, de loin la méthode la plus fréquente.

Christa Pike devait être la première femme exécutée au Tennessee depuis plus de deux siècles. Elle avait été condamnée à mort pour avoir torturé et tué en 1995 Colleen Slemmer, 19 ans, alors que Pike elle-même n'avait que 18 ans. Ses deux complices, également mineurs à l'époque, avaient échappé à la peine capitale.

Source: Google News LU FR