Fusillade de Fort Hood : Nidal Hasan condamné à mort, exécution publique prévue en décembre

Le Pentagone a annoncé l'exécution par peloton de feu de Nidal Hasan, auteur de la tuerie de Fort Hood en 2009 qui fit 13 morts. La mise à mort pourrait être diffusée en direct sur Internet.

Fusillade de Fort Hood : Nidal Hasan condamné à mort, exécution publique prévue en décembre

Nidal Hasan, auteur de la tuerie de Fort Hood, face au peloton d'exécution en décembre

Le Pentagone a annoncé mardi 6 octobre que Nidal Hasan, ancien psychiatre militaire de 56 ans, sera exécuté par peloton de feu en décembre prochain, avec l'accord du président Donald Trump. Ce sera la première exécution militaire aux États-Unis depuis 1961, rapporte bfmtv.com. Le ministère de la Guerre a également indiqué que la mise à mort serait retransmise en direct sur Internet — une affirmation que Trump a nuancée dans la nuit.

Le massacre du 5 novembre 2009

Le jeudi 5 novembre 2009, vers 13h, le major Nidal Hasan pénètre dans le centre médical de la base militaire de Fort Hood, au Texas, où il exerce lui-même en tant que psychiatre. Plusieurs soldats désarmés attendent d'y recevoir des soins ou des vaccins.

« Vêtu d'un uniforme militaire et armé d'un pistolet automatique ainsi que d'une autre arme, le major Hasan, un homme au crâne dégarni, au visage rond et aux sourcils épais, a tiré à tout va dans un centre médical bondé », écrit le New York Times le jour même de la fusillade.

Il n'utilise finalement qu'une seule arme, équipée d'un laser pour faciliter la visée. Avant d'ouvrir le feu, il crie « Allahu akbar ». Selon le New York Times, il « tire dans le dos des soldats alors qu'ils sont allongés et blessés au sol » et abat « la soldate Francheska Velez, 21 ans, enceinte de son premier enfant ».

Au total, Hasan tue 13 personnes — 12 soldats et un soignant — et en blesse plus de 30 autres avant d'être neutralisé. Atteint à la colonne vertébrale lors des échanges de tirs, il se déplace depuis lors en fauteuil roulant.

Un parcours vers la radicalisation

Né en 1970 en Virginie de parents palestiniens, Nidal Hasan effectue ses études à Virginia Tech avant d'intégrer une école de médecine militaire en 1997. Selon les investigations menées après la fusillade, il se serait radicalisé durant les années précédant l'attaque.

Les enquêteurs ont mis au jour une série de plus de quinze échanges de courriels entre Hasan et Anwar al-Awlaki, imam américain proche de la nébuleuse Al-Qaïda, tué par la suite par une frappe de drone américain au Yémen. En décembre 2008, Hasan demandait à cet imam si des soldats musulmans américains qui tuaient d'autres soldats américains au nom de l'islam étaient considérés comme « menant le jihad », et s'ils deviendraient des « martyrs » en mourant.

Un an après la fusillade, Hasan déclare devant une commission psychiatrique militaire qu'il aurait souhaité mourir lors de l'attaque. « Je suis paraplégique et je pourrais passer le reste de ma vie en prison. Mais si je meurs par injection létale, je serais quand même un martyr », aurait-il ajouté, selon le New York Times.

Procès et condamnation

Durant son procès, Hasan choisit de se défendre seul. Il reconnaît les faits sans procéder à la moindre contre-interrogation des témoins ni à un quelconque plaidoyer final. « Les preuves montreront que j'étais du mauvais côté dans la guerre américaine, et que j'ai ensuite changé de camp », déclare-t-il devant la cour martiale, rapportent les articles du Guardian de l'époque. Il se décrit alors comme un « moudjahid », un combattant engagé dans le jihad.

Selon les médias américains, il indique avoir agi pour empêcher des soldats américains d'être déployés en Afghanistan, où ils auraient tué des musulmans, et avoir délibérément ciblé des militaires en uniforme. Lui-même devait être déployé en Afghanistan quelques mois plus tard.

Le 23 août 2013, Hasan est reconnu coupable des 45 chefs d'accusation de meurtre prémédité ou tentative de meurtre prémédité retenus contre lui, et condamné à mort — une peine qu'il semblait rechercher, selon les avocats commis d'office qu'il avait refusés.

Une exécution aux caractères historiques multiples

La peine de mort est rarissime dans les tribunaux militaires américains, et les exécutions encore davantage. Seuls quatre militaires se trouvent actuellement dans le couloir de la mort aux États-Unis, dont Hasan.

Le dernier militaire condamné par la justice martiale américaine à avoir été exécuté était le soldat John Bennett, pendu en 1961 pour le viol et la tentative de meurtre d'une enfant de 11 ans. La dernière exécution militaire par peloton de feu remonte à 1945, lorsque l'armée américaine avait mis à mort Eddie Slovik pour désertion.

Si la mise à mort de Hasan est effectivement diffusée publiquement en ligne, ce serait une première dans l'histoire de la justice martiale américaine. La dernière exécution publique ordonnée par un État remonte à 1936, dans le Kentucky, où plus de 20 000 personnes s'étaient rassemblées pour assister à la pendaison de Rainey Bethea, condamné pour le viol d'une femme âgée.

Source: Google News LU FR