L'Unabomber Theodore Kaczynski : 20 ans de traque pour le FBI

Theodore Kaczynski, surnommé "Unabomber", a mené une campagne d'attentats pendant près de 20 ans avant d'être arrêté. Trois morts, vingt-trois blessés.

L'Unabomber Theodore Kaczynski : 20 ans de traque pour le FBI

Vingt ans de terreur anonyme : portrait de Theodore Kaczynski, l'"Unabomber"

Selon La Libre, la traque de Theodore Kaczynski reste la plus longue et la plus coûteuse jamais menée par le FBI — près de vingt ans pour identifier un homme dont personne, pendant deux décennies, ne connaissait le visage.

Né le 22 mai 1942 à Evergreen, dans l'Illinois, Kaczynski est fils d'immigrants polonais de deuxième génération. Deux événements marquent son enfance : une grave intoxication médicamenteuse qui l'éloigne de sa famille pendant huit mois alors qu'il n'a pas encore un an, puis la naissance de son frère David, qui accentue une fragilité psychologique précoce.

Un parcours académique brillant, une rupture brutale

Le jeune Theodore saute deux classes et entre à Harvard à seize ans. Les mathématiques l'absorbent entièrement ; il interagit peu avec ses condisciples. À l'université, il est recruté par Henry Murray, professeur de psychologie, pour participer à des tests mesurant les réactions sous stress — un projet à la confidentialité relative, que Murray lui-même qualifiera plus tard d'abusif.

En 1967, Kaczynski décroche un poste d'assistant à l'université de Berkeley. Il démissionne deux ans plus tard, sans explication publique, et rejoint ses parents.

En 1971, il achète un terrain au Montana, se construit une cabane sans eau ni électricité et s'y retire du monde. C'est là qu'il forge ses théories, nourries par la mouvance néoluddite et son rejet radical du progrès technique.

Seize colis piégés, trois morts, vingt-trois blessés

Sa première bombe artisanale, il l'adresse le 25 mai 1978 à Buckley Crist, professeur à l'université Northwestern. C'est l'agent de sécurité du campus qui ouvre le colis ; il survit à ses blessures. Pendant dix-sept ans, avec une régularité systématique, Kaczynski envoie seize colis piégés. Au total, sa campagne coûte la vie à trois personnes et en blesse vingt-trois. La presse le surnomme "Unabomber" — pour UNiversity and Airline BOMber — mais son identité demeure totalement inconnue.

Le manifeste qui le trahit

En 1995, Kaczynski change de tactique. Il adresse des lettres à ses victimes et envoie un manifeste à plusieurs rédactions, assorti d'un ultimatum : si le texte n'est pas publié, les attentats continueront. Le manifeste paraît le 19 septembre 1995 dans le New York Times et le Washington Post.

C'est sa belle-sœur qui permet de l'identifier. En lisant les pages envoyées aux médias, elle reconnaît des formulations proches de celles de son beau-frère. Les enquêteurs, conduits par Joanne Miller, prennent la piste au sérieux : dans les affaires familiales, ils retrouvent un proto-manifeste rédigé des années auparavant.

Arrestation et condamnation

Le FBI localise la cabane au Montana. Des centaines d'agents encerclent le site. Kaczynski est extrait par ruse et arrêté. Il refuse d'être déclaré "malade mental" — une qualification qui aurait pu annuler le procès. Le procureur lui propose un accord : plaider coupable en échange de la prison à vie. Kaczynski accepte.

Une mort en cellule, en 2023

Derrière les barreaux, il n'a cessé d'écrire et de peaufiner ses théories, largement diffusées et publiées. Ses écrits auraient notamment inspiré Anders Behring Breivik. Atteint d'un cancer, Kaczynski avait choisi de refuser tout traitement. Il a été retrouvé pendu dans sa cellule le 10 juin 2023.

Source: La Libre