Attentat de Trappes : suspect Kévin T., 39 ans, suivi pour schizophrénie

Kévin T., 39 ans, a ouvert le feu le 23 octobre à Trappes et La Verrière, tuant un combattant de MMA congolais et blessant cinq autres personnes. Le suspect, ancien ouvrier automobile soigné pour schizophrénie, avait piégé son appartement et possédait du matériel de guerre.

Attentat de Trappes : suspect Kévin T., 39 ans, suivi pour schizophrénie

L'auteur présumé de l'attaque de Trappes

Vendredi 23 octobre, un homme a tiré en rafales à bord d'une Renault Clio dans les rues de Trappes puis de La Verrière, en Yvelines. Pengo Bossio Wangi, combattant de MMA âgé de 26 ans et d'origine congolaise, a été tué. Cinq autres personnes ont été blessées, dont une enfant de 12 ans grièvement touchée. Kévin T., 39 ans, a été interpellé peu après par des policiers de la BAC à Coignières.

Le Parquet national antiterroriste a ouvert une enquête pour assassinat et tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste, avec circonstance d'une appartenance vraie ou supposée à une race, une ethnie, une nation ou une religion.

Selon causeur.fr, le suspect n'était pas fiché S et était inconnu de la DGSI ainsi que du renseignement territorial avant l'attaque. Son casier judiciaire révèle quatre condamnations antérieures datant d'avant 2012, portant notamment sur l'alcool au volant, le vol, le vol à l'étalage et les stupéfiants.

Préparation et matériel saisi

Les enquêteurs ont découvert que Kévin T. avait piégé son appartement de Plaisir avec des bouteilles de gaz et des fils électriques reliés à un minuteur. Dans sa voiture, ils ont saisi un pistolet-mitrailleur de type Sten et une bombe lacrymogène. À son domicile ont également été retrouvés un exemplaire de Mein Kampf, une Bible et un Coran.

Plusieurs proches l'ont décrit aux enquêteurs comme raciste. Ces éléments alimentent l'hypothèse d'un mobile idéologique, bien que l'enquête doive encore déterminer comment ses convictions, son état psychiatrique et sa consommation de drogues ont pu intervenir dans le passage à l'acte.

Diagnostics psychiatriques et toxicologiques

Lors d'une première audition, Kévin T. a déclaré souffrir de schizophrénie et suivre un traitement. Ce diagnostic et ce suivi médical sont connus des enquêteurs. Après un examen psychiatrique réalisé samedi soir, sa garde à vue a été levée et il a été transféré à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police pour une période d'observation de 48 heures, afin de déterminer si son état est compatible avec la reprise des auditions.

Les analyses toxicologiques ont révélé la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang au moment des faits. En droit pénal, les experts devront distinguer une altération du discernement, qui n'empêche pas les poursuites, d'une abolition du discernement, susceptible d'entraîner une irresponsabilité pénale.

Trois dimensions à démêler

La majorité des personnes souffrant de schizophrénie ne commettent pas de violences. Les enquêteurs doivent précisément éviter de confondre trois éléments : une pathologie psychiatrique déclarée, une possible motivation raciste documentée par plusieurs éléments matériels, et une consommation de drogues au moment des faits.

Le profil de Kévin T. étonne car il ne correspond pas aux catégories habituelles. Inconnu de la DGSI et du renseignement territorial avant l'attaque, il n'était pas identifié comme militant appartenant à une organisation structurée. Les enquêteurs disposent pourtant d'éléments laissant envisager une préparation de son passage à l'acte et un possible mobile idéologique.

Cette combinaison rappelle, avec les précautions nécessaires, certains profils de « loups solitaires » rencontrés dans des affaires djihadistes — non en raison d'une comparaison idéologique, mais parce que plusieurs passages à l'acte terroristes commis par des individus isolés ont posé la même difficulté aux enquêteurs : déterminer ce qui relève de la conviction idéologique, de troubles psychiatriques, d'une trajectoire personnelle chaotique ou de l'interaction entre ces facteurs.

Questions judiciaires précises

L'affaire soulève des questions qui ont ressurgi après plusieurs attentats commis par des individus présentant des antécédents psychiatriques : dans quel état mental le suspect se trouvait-il au moment des faits, son discernement était-il intact, altéré ou aboli, et quelle place une possible idéologie raciste occupait-elle dans son passage à l'acte ?

Arme, préparation de l'appartement, choix des victimes et éléments susceptibles d'éclairer un mobile raciste doivent être examinés séparément. Un individu peut être radicalisé sans appartenir à un réseau et présenter parallèlement des troubles psychiques importants. Les enquêteurs disposent de plusieurs jours pour clarifier ces points avant un possible renvoi devant les autorités judiciaires compétentes.

Source: TF1 Info

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